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Lundi 14 Mai 2001 à 00:00

La polémique sur Loft Story provoque une remise en cause de la télé.

Un brûlot de Patrick Le Lay, Pdg de TF1, a donné une nouvelle dimension à la polémique sur l'émission Loft Story qui tourne désormais au débat de fond sur la télévision, ses dérives et l'influence des capitaux étrangers sur les chaînes françaises.

Pendant ce temps, le public vote avec sa télécommande. Un vote qui prend de plus en plus en plus les allures d'un plébiscite. M6 pouvait une nouvelle fois plastronner avec un "record d'audience historique pour la chaîne" qui a rassemblé 7,7 millions de téléspectateurs autour de Loft Story jeudi soir en prime time.

"Il est temps que les chaînes de télévision, les autorités de régulation et les politiques se posent une question de fond, celle du point de vue que nous pouvons avoir sur la télévision et sur son rôle dans notre pays", a déclaré au Figaro la ministre de la Culture et de la Communication Catherine Tasca. "Il faut éviter que l'escalade entre les chaînes n'alimente une surenchère dans la vulgarité", a renchéri Ségolène Royal, ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance.

Les politiques se gardent néanmoins de se prononcer sur l'émission elle-même. "Le problème est beaucoup plus large qu'une émission particulière, c'est une évolution lente dans toute l'Europe", a commenté pour l'AFP Mme Tasca. Tout le monde en appelle à la sagesse du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), qui doit tenir lundi une réunion extraordinaire de ses membres.

Grand pourfendeur de Loft Story, qui a passablement écorné le leadership de sa chaîne, Patrick Le Lay se place sur le terrain de la protection de l'enfance. Le CSA, écrit-il dans le Monde daté de vendredi, doit dire "si une chaîne généraliste en clair peut diffuser à une heure où une majorité d'enfants regardent la télévision, un programme incitant des jeunes gens à former un couple temporaire par appât du gain".

Voix discordantes
Pour Catherine Tasca, il appartient "plus que jamais" au CSA "d'assumer son rôle de régulateur, de faire une application stricte des textes et des principes, surtout en cette période de reconduction des autorisations de diffusion de certaines chaînes de télévision".

Groupe à capitaux franco-français, TF1 partage les préoccupation de la ministre. Dans une claire allusion à la prise de contrôle de RTL-Group, maison-mère de M6, par le géant allemand des médias Bertelsmann, Catherine Tasca relève que "certains partenaires et actionnaires de chaînes françaises de télévision ne semblent pas très soucieux des termes des autorisations qu'elles détiennent et de la législation française". "L'entrée fracassante de M6 dans la "télé poubelle" (...) coïncide avec l'arrivée de RTL Group, filiale du groupe allemand Bertelsmann dans l'actionnariat de M6", écrivait M. Le Lay dans Le Monde.

La première intervention du CSA sur Loft Story était empreinte d'une certaine déférence à l'égard de M6. Les dirigeants de la chaîne étaient priés de "continuer de faire preuve de la plus grande vigilance afin d'éviter tout dérapage qui pourrait porter atteinte au respect de la dignité de la personne humaine".

Quelques voix discordantes s'élèveront pourtant ce week-end. La télévision associative Zalea TV a appelé les détracteurs du "jeu" à mener samedi après-midi "l'ultime assaut" contre le loft de la Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour libérer "les otages de M6". Quant au Collectif "Souriez vous êtes filmés" et l'écrivain Phil Marso, auteur du site boycottyes.com, ils entendent déposer des poubelles devant le siège de M6 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) pour protester contre "cet apprentissage du voyeurisme".
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