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Mercredi 23 Mai 2001 à 00:00

Loft story jugée par les élèves

"Au début, dans la cour, on était tous en troupe, à ne parler que de ça. Maintenant qu'Aziz et Kenza sont partis, on en discute moins".

Au collège Jean Jaurès de Clichy (Hauts-de-Seine), l'intérêt pour "Loft Story" s'émousse. Mais il faut suivre la vie des "lofteurs" pour "rester dans le coup".

Lundi 15H00. Pour la quatrième semaine consécutive, une équipe d'"Arrêt sur images" (La Cinquième) vient filmer une même classe de 5ème, qui joue, pendant plus d'une heure, les critiques de l'émission-phare de M6. Avec l'habitude, ils en ont presque oublié la caméra, devenant en quelque sorte des élèves "loft-storisés" à leur tour.

"C'est tout le temps la même chose", se plaint Lobna, qui confesse ne plus en parler avec ses cousines. "Ca devient lassant avec leurs petites histoires", renchérit Alexandre. "Depuis le départ d'Aziz et Kenza, y'a plus d'ambiance. C'est devenu banal", ose Abdelfatah. Impossible pourtant de décrocher.

"J'ai envie d'être au courant car il y a beaucoup de commérages autour. On a besoin de savoir", dit Doniazade, qui s'inquiète d'ailleurs de "quand ça s'arrêtera". "Julie et Christophe sont-ils toujours ensemble", "se sont-ils engueulés", qui sont les nominés pour l'expulsion hebdomadaire, quel est le dernier éliminé : il faut tout connaître si l'on ne veut pas "se sentir rejeté".

"J'aime de moins en moins, mais je regarde toujours autant", avoue Yannick, qui n'a pas sa langue dans sa poche. Lucide, Lobna résume par une comparaison : "+Loft Story+, c'est comme la mode. On veut savoir ce que tout le monde sait. C'est bête et bien à la fois". Inquiétude pour la réputation des parents car si ces élèves "ont mordu à l'hameçon plus que je ne le pensais, ils sont loin d'être dupes", constate Raphaëlle Botte, la journaliste de la Cinquième qui les suit depuis près d'un mois et pour encore deux "séances".

Ils n'hésitent pas à classer l'émission dans la catégorie "sitcom", avec ses coupures bien étudiées "pour donner plus envie de regarder". Et s'ils ne voient pas l'intérêt pour Coca-Cola de faire "encore" de la publicité, ils ont bien compris que son dernier spot, diffusé pendant "Loft Story", s'en inspirait directement.

De l'avis de leur professeur d'arts plastiques, Marianne Chouchan, l'émission "les fait même réfléchir". "Pas les profs", ajoute-t-elle aussitôt avec un brin de fatalisme. Les collégiens ont ainsi eu un "grand débat" sur le racisme dans le loft ou comment interpréter le "sale arabe" lancé par Delphine à Aziz, qui a soulevé une tempête auprès de certaines associations anti-racistes.

"Au début, ça m'a choqué, commente Doniazade, puis j'ai vite vu que Delphine riait avec Aziz. Il faut arrêter de chercher des noises à +Loft Story+". "Je me demande si ce n'était pas tout simplement son surnom", lâche, très sérieusement, Yannick.

La sexualité et le non-respect de l'intimité les ont aussi fait réagir. "Je ne me vois pas me trimballer en soutien-gorge ou faire l'amour devant cinquante caméras", s'indigne Doniazade, qui apprécie que "Julie prenne sa douche en maillot de bain".

Lohana et Yannick, étonnamment moralistes, s'inquiètent de la réputation des pères et mères de ces "filles faciles" qui font l'amour "devant toute la France". "Pour faire de l'audimat, ça devient malsain pour les parents". Des parents avec qui ils ne parlent cependant jamais de "ça".
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