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Lundi 28 Mai 2001 à 00:00

"Loft Story" agite les rédactions de plusieurs quotidiens parisiens

"Loft Story" suscite des débats au sein des rédactions de plusieurs quotidiens parisiens, dont Le Monde, souvent partagées entre le souci de rendre compte d'un indéniable "phénomène de société" et la crainte de contribuer à la promotion de l'émission à succès de M6.

Face à l'engouement suscité par cette première expérience française de "télé-réalité", Libération et Le Monde sont souvent apparus en pointe, n'hésitant pas à consacrer plusieurs unes et doubles pages à cet événement médiatique qui a aussi le mérite de doper leurs ventes. "Nous essayons de mesurer la dimension de phénomène de société de +Loft Story+.

Quand on est journaliste, on ne peut pas ne pas s'intéresser à cette émission. C'est l'événement audiovisuel le plus important depuis dix ans", a estimé Antoine de Gaudemar, directeur adjoint de la rédaction de Libération.

Le Monde a justifié l'ampleur de sa couverture : trois unes, un sondage et plus de vingt articles en trois semaines. "Le Monde se sent plus requis par la nécessité de raconter et d'expliquer, plutôt que de juger d'emblée et de façon péremptoire", affirme un éditorial, en estimant que "débattre de +Loft Story+, c'est refuser l'illusion de la +télé-réalité+". Cette ligne ne fait pourtant pas l'unanimité et les discussions devraient être animées lors du Comité de rédaction, organisé chaque mois par la Société des rédacteurs.

Selon un "vétéran" de la rédaction, qui ne veut pas être cité, "la dernière une, consacrée au sondage, a été imposée contre l'avis des directeurs adjoints de la rédaction". Fait de société "La couverture est totalement disproportionnée pour un journal qui a une dimension internationale. Nous avons contribué à alimenter le tohu-bohu médiatique", estime-t-il.

Ce choix est assumé personnellement par le directeur de la rédaction Edwy Plenel, vers lequel renvoient tous les responsables éditoriaux. "Sa position, selon un autre journaliste, est qu'il faut surmonter nos réticences face à cette émission et regarder ce qui se passe". Il n'avait pas été possible de joindre M. Plenel mercredi en fin de journée.

"Loft Story" agite également beaucoup la rédaction de "Libé". "La seule ligne éditoriale, c'est d'en parler et les avis sont très partagés, selon Antoine de Gaudemar. A preuve, la tonalité assez différente des deux +événements+ (une et pages suivantes) sur l'émission : le premier était intéressé et le second plutôt hostile". "Il y a une forte pression pour qu'on en fasse beaucoup, explique un journaliste du service médias. Nous ne sommes pas contre à condition qu'il s'agisse d'analyser le phénomème, de le mettre en perspective.

En même temps, on s'inquiète de l'irritation que cela pourrait provoquer chez nos lecteurs". Le Figaro a aussi fait deux fois la une avec les reclus volontaires de M6. "On essaye de le traiter comme un fait de société, indique Jean-Paul Mulot, directeur délégué de la rédaction. Quant au débat, on a publié des points de vue très différents, mais il est plutôt présent sur le net".

Deux membres du comité éditorial, Ivan Rioufol et Michel Schifres, ont ainsi exprimé le même jour des opinions diamétralement opposées. "Ce feuilleton crée des héros vides de sens" pour le premier, "les gens du loft, c'est nous", pour le second. Seul point que personne ne conteste, l'impact de "Loft Story" sur les ventes. "15% supplémentaires à chaque une", selon Antoine de Gaudemar.

Mais "le mois de mai a été plutôt bon en raison de divers facteurs", tempère un spécialiste des ventes. Au Monde, la hausse a atteint 10% à chaque manchette.
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