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Jeudi 7 Juin 2001 à 00:00

La nouvelle sentinelle des océans, Jason 1

Avec une bonne année de retard, le satellite franco-américain Jason 1 s'apprête à rejoindre à 1·300 km d'altitude le point de vue privilégié d'où il mesurera avec une précision inégalée le relief des océans et livrera peut-être aux scientifiques quelques clés de l'évolution climatique de notre planète.

Coproduction du Centre national d'études spatiales (CNES) et de la NASA d'un montant pour 1 milliard de francs (152 M EUR), Jason fait actuellement l'objet à Cannes (sud-est) des ultimes attentions de son constructeur Alcatel Space et se prépare à quitter la Côte d'Azur pour le pas de tir californien de Vandenberg, d'où il devrait être lancé le 10 août.

Une fois sur orbite, ce petit engin de 500 kg assurera la relève de son précurseur Topex/Poséidon, au-dessus de nos têtes depuis 1992. Avec pour unique mission la mesure, à quelques centimètres près, des creux et bosses qui rident les océans et la traque des courants qui les animent.

"Notre objectif consiste à dessiner des cartes topographiques des océans", explique le chef du projet Jason au CNES, Philippe Escudier. "Ces relevés vont nous informer de la hauteur des océans et des vagues bien sûr, mais aussi des mouvements des courants, de l'étendue des marées ou encore de la température et de la salinité des océans".

Première sentinelle spatiale des océans, Topex/Poséïdon a amplement démontré son intérêt. "Grâce à lui, nous avons établi que le niveau moyen des mers s'était élevé de 2,5 mm par an depuis 1993 et que cette tendance s'expliquait essentiellement par un réchauffement de l'océan, et donc du climat", relève Annie Cazenave, du laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiale (Legos) de Toulouse.

Mis au point par la France et les Etats-Unis, ce premier "arpenteur" des océans a également offert pendant l'hiver 1997/98 une vue imprenable sur les colères de la fameuse anomalie climatique El Nino. Doté d'instruments de précision comparable, Jason 1 va permettre d'allonger de trois à cinq ans cette veille océanographique.

"Grâce aux satellites, nous avons enfin une vision globale des mouvements de l'océan et de ses turbulences", se félicite Pierre-Yves La Traon, océanographe de la firme Collecte et localisation par satellite (CLS), une filiale du CNES. "Cette description est indispensable pour comprendre les océans et leur influence sur le climat".

Parce quils recouvrent 70% de sa surface, les océans de notre planète jouent en effet un rôle primordial dans son équilibre climatique. Véritables radiateurs, ils emprisonnent la chaleur et l'eau puis les redistribuent sur les continents au gré des courants. D'où l'intérêt de disposer de véritables bulletins d'informations océanographiques.

"Jason 1 va nous livrer toutes les trois heures un portrait instantané et en trois dimensions de l'océan. Avec lui, nous entrons dans l'ère de l'océanographie opérationnelle", assure le responsable scientifique du programme Jason au CNES, Yves Ménard.

Les mesures de Jason 1, et celles de ses successeurs, seront ainsi couplées aux données recueillies par des balises ou des bateaux dans le cadre du programme français Mercator. Et elles nourriront le réseau mondial de surveillance des océans GODAE (Global Ocean Data Assimilation Experiment), une initiative qui, selon Serge Planton de Météo-France, devrait révolutionner les prévisions climatiques.

"En ajoutant aux modèles atmosphériques les données des océans", explique-t-il, "il sera à terme possible d'établir, à l'échelle d'une région, des prévisions à six mois d'une fiabilité satisfaisante".
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