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Samedi 30 Juin 2001 à 00:00

Bernard Pivot, ce courriériste

Bernard Pivot, qui a mis un terme hier soir sur France 2 à plus d'un quart de siècle d'émissions littéraires, a coutume de dire qu'il ne réunit pas les qualités d'un critique mais celles d'un courriériste qui "fouine, recueille des informations, des échos, fait des interviews, goûte à tout".

Né le 5 mai 1935 à Lyon, ce fils de petits commerçants, diplômé du Centre de formation des journalistes (CFJ), entre en 1958 au Figaro et au Figaro littéraire où il fait ses armes de Tintin reporter es livres. Il écrit aussi sur la gastronomie.

Le 2 avril 1973, à 21h15, sur une idée de Jacqueline Baudrier, il présente pour la première fois "Ouvrez les guillemets" sur la première chaîne d'alors. N'ayant aucune expérience de la télévision, il veut changer sa manière naturelle de parler car il mange les négations et abuse d'onomatopées.

Durant les essais, il s'aperçoit qu'il est "grotesque": "Mon pauvre Bernard, se dit-il, tu gagneras en étant toi-même et pas un autre". C'est justement cette manière, ni pédagogique ni universitaire, mais conviviale, spontanée et populaire qui fera son succès.

Le 10 janvier 1975, il inaugure sur Antenne 2 "Apostrophes" qui ne s'achèvera qu'en juin 1990. "Je n'ai jamais raté une émission, malgré un bras cassé et des coliques néphrétiques", a-t-il déclaré. Son sourire gourmand et son visage poupin, ses épais sourcils et ses lunettes sur le bout du nez s'imposent dans toute la France. Il incarne déjà la présence, voire la résistance, du livre face au déferlement nouveau des images.

Le secret de son succès, de son incroyable longévité, réside peut-être dans son inaltérable goût du bonheur: cet amateur de beaujolais et de football soulignait: "je crois au plaisir, à la +culturiosité+, au plaisir de la culture".

Selon lui, le "miracle" d'"Apostrophes" réside aussi dans le fait qu'il n'est pas écrivain. "J'ai du regret de ne pas l'être mais de cette vieille blessure, profonde et camouflée, je n'ai tiré ni dépit ni aigreur mais une sincère admiration et une violente curiosité" à l'égard des écrivains, dit celui qui s'est entretenu avec des milliers d'auteurs dont les plus grands de leur époque (Vladimir Nabokov, Georges Dumézil, Georges Simenon, Marguerite Yourcenar, Albert Cohen etc).

Le 12 janvier 1991, toujours assisté de sa fidèle collaboratrice Anne-Marie Bourgnon, il lance, le samedi soir, "Bouillon de culture", un magazine multiculturel qui ne parvient pas à faire oublier "Apostrophes". Il remet progressivement les écrivains au coeur de l'émission, laquelle, dès 93, est diffusée le vendredi soir.

Les éditeurs se battaient pour imposer leurs auteurs sur son plateau car ils savaient qu'un passage réussi à "Apostrophes" puis à "Bouillon de culture", ferait vendre plus sûrement que n'importe quel article de la presse écrite.

Le journaliste, marié à la journaliste Monique Pivot avec laquelle il a eu deux filles, a plusieurs fois refusé la Légion d'Honneur et ne se voit pas siéger à l'Académie française ou au jury Goncourt. Il n'exclut cependant pas de rejoindre un jour le jury du prix Renaudot.

En 1998, il signe un essai qui fait grand bruit, "Remontrance à la ménagère de moins de 50 ans". Il s'y montre critique envers la "dictature de l'audimat": "la culture, comme les habitants des villes, est repoussée en périphérie" des programmes de télévision, s'indignait-il.

France 2 programme "Bouillon de culture" un peu avant 23h00, alors qu'aux temps bénis où les sondages n'étaient pas regardés à la loupe, "Apostrophes" passait rituellement à 21h30.
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