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Vendredi 29 Juin 2001 à 00:00

Bernard Pivot quitte la télévision

Bernard Pivot, qui cesse vendredi soir son célèbre "Bouillon de culture", incarne une certaine idée de la télévision "très service public" qui, regrette-t-il, tend à disparaître.

"Mon départ est entouré d'une mélancolie concernant la disparition d'une télévision d'attention et d'écoute que j'ai pu incarner", dit-il alors que son départ coïncide avec l'essor d'une "télé-réalité", ou "télé-poubelle" selon ses détracteurs, symbolisée par Loft Story.

A 66 ans, il estime sain de passer le relais à quelqu'un "de plus jeune" (en principe Guillaume Durand mais rien n'est encore officiel) qui mettrait davantage l'accent que lui sur les romans étrangers, la BD ou le polar. Selon Bernard Pivot, "la formule du débat est un peu épuisée.

Les jeunes générations sont désormais habituées à une télévision plus rapide, plus remuante. Il faut muscler ce genre d'émissions culturelles". L'animateur donne toutefois l'impression d'en être à moitié convaincu tant il est sévère avec certains concurrents qui font déjà une télévision beaucoup plus "musclée" que la sienne.

"Je prétends, non sans fierté, être incapable" de faire comme Thierry Ardisson et son émission "Tout le monde en parle": à savoir "du populeux, du populard et du populacier", dit-il en soulignant que "la télé que j'ai connue est morte". Bernard Pivot a commencé sa première émission littéraire ("Ouvrez les guillemets") à la télévision en 1973. Le jeune animateur n'avait alors jamais fait de télé.

Imagine-t-on aujourd'hui lancer dans une telle aventure un journaliste de la presse écrite? Quant à la dictature de l'audimat, elle impose toujours plus sa loi d'airain : la dernière émission d'"Apostrophes", le 22 juin 1990, avait été exceptionnellement avancée à 20H30. Le dernier "Bouillon de culture" sera, lui, diffusé comme d'habitude: à 22H50.

Bernard Pivot, qui a animé "Apostrophes" sur Antenne 2 de 1975 à 1990, est toujours resté, depuis les débuts de "Bouillon de culture" en 1991, dans le giron de France 2. Cela signifie, explique-t-il, que "Bouillon de culture" ne pouvait pas être considéré comme un magazine de recherche d'audience pour la chaîne et de profit pour moi.

C'était continuer de remplir +intra muros+ (ndr: il a refusé de devenir le producteur de ses propres émissions) le devoir d'assistance culturelle d'une chaîne d'Etat aux téléspectateurs". "Aucun des présidents et directeurs de France 2 qui se sont succédé ne m'a reproché l'audience d'une de mes émissions et demandé de faire plus grand public. La culture me mettait à part", indique-t-il.

Beaucoup d'éditeurs et d'écrivains croient aussi qu'une page, dans laquelle la télévision avait un rôle important à tenir en faveur de la vraie circulation des idées littéraires, est en train de tourner. Pourtant, il ne faut pas tomber dans le piège de la nostalgie, propre souvent aux générations vieillissantes.

Avant Pivot, "Lecture pour tous" de Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet était l'émission de référence, ce qui n'a pas empêché le jeune journaliste d'imposer par la suite son propre espace d'échanges. Rien ne dit que Guillaume Durand, ou un autre, ne fasse de même.

Mon successeur sera forcément "critiqué au début", prévient sagement Pivot qui se refuse à trop cultiver la nostalgie : "d'ailleurs, je n'écrirai jamais mes mémoires".
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