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Mardi 17 Juillet 2001 à 00:00

Marseille et les radios-parloirs

"Garde un bon moral, la gamelle est dure mais la sortie prochaine", lance une grand-mère à son petit-fils emprisonné, sur les ondes de "Radio Gazelle", l'une des deux stations associatives marseillaises débordées d'appels de familles qui transmettent des messages aux détenus.

L'émission, baptisée "parloir ouvert", dure une heure et demie et "sert chaque dimanche soir de lien entre les prisonniers et leurs proches", explique Mohamed Fares, directeur de la radio créée en 1981 pour "servir les communautés immigrées" de Marseille et sa région.

A Marseille, une autre radio "communautaire", radio Galère, ouvre aussi deux fois par semaine son antenne aux familles de prisonniers. "Parfois le parloir radio remplace le parloir physique lorsque les gens ne peuvent pas se déplacer, sont malades ou âgés. Le +parloir ouvert+ permet aussi aux illettrés de transmettre des messages, par exemple pour avertir qu'ils ne pourront pas rendre de visite comme prévu", poursuit Mohamed Fares.

"Allo c'est Mohamed. Je passe le bonjour à mes deux petits frères de (la maison d'arrêt de) Luynes (Bouches-du-Rhône). Je suis sorti vendredi. Je passe le bonjour aussi à toutes les Baumettes et à tous ceux du bâtiment B". Le téléphone de la radio, installée dans un appartement du quartier déshérité de Belsunce, n'arrête pas de sonner.

"Nous avons en moyenne une cinquantaine d'appels par émission", souvent émouvants, émanant de familles immigrées mais aussi françaises, raconte Mohamed Fares, bénévole à la radio où travaillent une quarantaine de personnes, dont seul un petit nombre est salarié. "Nous songeons à la rendre bi-hebdomadaire, comme elle l'était à ses débuts, voici une dizaine d'années".

L'idée de "parloir ouvert" est venue "des gens qui nous appelaient, dans le cadre d'autres émissions, pour passer spontanément de petits bonjours aux détenus", explique Sarah, journaliste. La discipline se veut très stricte, contrairement à "Radio Galère" qui, par choix, offre dix minutes à chaque messager et permet plusieurs appels par famille. "Un appel par famille et pas plus de deux minutes", tranche Mohamed Fares.

Une règle que l'animateur, Abdelkader Laala, a du mal à faire respecter : "J'ai du mal avec les enfants, c'est dur de les entendre dire +allo papa+ sans obtenir de réponse en retour. Et c'est dur de les couper". Justement, une petite voix hésitante passe sur les ondes. "Allo papa je t'aime. Papa, bientôt tu sors et tu sais que je me languis. Je pense toutes les minutes à toi. Hier, j'ai fait le feu d'artifice et il ne manquait plus que toi".

Les deux minutes fatidiques sont passées et le directeur fait signe à Abdelkader Laala de couper pour prendre un autre appel. Beaucoup de familles "trichent" avec ces règles, grand-mère, mère, oncle appellent à tour de rôle à partir de postes différents.

Ce soir là, il y a de nombreux appels pour "Pitchou". "Un seul appel par famille", intervient Mohamed Fares, avant d'expliquer: "C'est la même famille d'Irakiens. On les reconnaît à leur accent. Ils ont cinq ou six portables".
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