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Mercredi 8 Août 2001 à 00:00

Ariane-5 clouée au sol

Ariane-5 reprendra ses vols en principe fin novembre, a indiqué hier mardi la société Arianespace, en rendant publiques les conclusions de la commission d'enquête constituée après le tir raté de la fusée lourde européenne, le 12 juillet.

L'incident technique, qui a empêché de placer les satellites ARTEMIS (Europe) et BSAT-2b (Japon) sur la bonne orbite, est venu d'une "instabilité de combustion" à l'allumage du moteur Aestus de l'étage à propergols stockables (EPS) du lanceur, due à des problèmes hydrauliques, a tranché la commission.

Cette défaillance a paradoxalement touché la partie considérée comme la plus fiable du lanceur, puisque son système propulsif fonctionne par simple mise sous pression, sans aucune turbopompe ni pièce mécanique. "Voilà pourquoi l'EPS avait échappé à la curiosité des ingénieurs d'Ariane", a résumé un expert qui a requis l'anonymat.

Aestus n'est même pas doté d'allumeur, sa mise à feu s'effectuant spontanément, dans la chambre de combustion, par la rencontre de ses deux ergols à la sortie des injecteurs. C'est à ce niveau que le problème à l'origine de l'échec du tir de juillet est survenu.

Lors de l'ouverture de la vanne d'alimentation du moteur en monométhyl hydrazine (MMH), alors que le foyer de la chambre de combustion était déjà alimenté, depuis quelques millisecondes, en péroxyde d'azote (N2O4), une trop forte pression du second ergol à l'arrivée a provoqué un écoulement "saccadé", qui a perturbé le fonctionnement et entraîné l'arrêt prématuré du moteur.

Pourtant, a assuré cet expert, le remède est peut-être simple puisqu'il pourrait suffire soit de corriger le programme d'ordres d'ouverture de la vanne, soit d'injecter dans la chambre de l'hélium, pour régulariser l'alimentation en MMH. L'injection d'hélium est par ailleurs déjà utilisée lors de l'arrêt.

La commission a formulé une série de recommandations (modélisation des conditions hydrauliques accompagnant l'allumage du moteur, amélioration de l'allumage pour le rendre plus progressif et plus doux...) qui seront appliquées par Arianespace "dans les plus brefs délais en liaison avec les industriels concernés".

Le "plan d'action" élaboré à partir de ces recommandations "permet de prévoir le prochain lancement d'Ariane-5 fin novembre, soit un décalage de deux mois par rapport à la date initiale de ce vol", a précisé dans un communiqué la société de gestion et de commercialisation des fusées européennes.

Le prochain vol doit être effectué par une Ariane-4 fin août, avec à son bord le satellite de télécommunications Intelsat-902. Des discussions ont actuellement lieu entre Arianespace et ses clients sur les autres tirs et le nouveau calendrier pourrait être prêt à peu près à la même date.

En novembre, le passager d'Ariane-5 revue et corrigée pourrait être le satellite européen ENVISAT, le plus gros satellite jamais construit pour l'ESA, qui ne peut être mis sur orbite, en raison de sa masse (8.200 kg), que par cette fusée lourde. En ce qui concerne les passagers du vol raté, placés sur une orbite trop basse, l'un des deux sera vraisemblablement sauvé. La récupération du satellite expérimental de télécommunications de l'ESA, ARTEMIS, à l'aide de ses moteurs embarqués, a déjà commencé.

On ne connaîtra toutefois son sort définitif que dans plusieurs mois. En revanche, le satellite japonais de télédiffusion directe BSAT-2b, dont le système de propulsion ne permet pas d'envisager des manoeuvres complexes en orbite, a été considéré par la majorité des experts comme perdu dès son largage dans l'espace.

La "sentence" de la société américaine Orbital Sciences Corp., qui devait le fournir à son client BSAT à travers un contrat clefs en main, est attendue prochainement.
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