Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Lundi 17 Septembre 2001 à 00:00

surveillance de l'internet ravivée par les attentats ?

L'ampleur sans précédent des attentats de Washington et de New York et le recours supposé des terroristes aux techniques les plus avancées de cryptage des messages font craindre aux internautes un renforcement de la surveillance du web, souhaité par les services de sécurité.

[voir dossier] "Les Etats-Unis et les pays de l'OTAN vont tirer profit de ces attentats pour renforcer leur contrôle des communication", met en garde Andy Mueller-Maguhn, porte-parole du Chaos Computer Club (CCC), célèbre organisation allemande de hackers (pirates de l'internet), joint par téléphone à Berlin. Il s'agirait, assure-t-il, d'une "intrusion dans la sphère privée" du citoyen lambda alors que les terroristes "contourneraient ces dispositifs à l'abri des regards indiscrets" en recourant à des techniques plus évoluées.

Selon certaines informations diffusées sur le web, Oussama ben Laden, montré du doigt par les enquêteurs, aurait utilisé la "stéganographie", vieille technique de communication des agents secrets, pour dissimuler des messages dans des photos ou des pages web anodines. Rédacteur en chef de la lettre confidentielle "Intelligence Online", Guillaume d'Asquier partage les craintes des hackers sur une surveillance accrue du web d'autant plus inutile que, selon lui, "les organisations les plus aguerries à la clandestinité ne l'utilisent pas".

Les prestataires techniques sont le plus souvent domiciliés dans des pays riches où ils collaborent avec les services de sécurité, explique-t-il. "AOL coopère pleinement aux investigations des agences de sécurités américaines fédérales et locales", a du reste déclaré le fournisseur d'accès américain peu après les attentats. Toujours selon Guillaume d'Asquier, les services secrets connaîtraient les backdoors (passages secrets) qui permettraient de déchiffrer les e-mails cryptés, et de logiciels pour repérer les messages dissimulés. "Les organisations clandestines le savent".

Responsable des produits communication (e-mail, chat, forums...) de Yahoo France, Jean-François Vauban reconnaît faire désormais "beaucoup plus attention" aux messages échangés publiquement sur le web, les e-mails relevant de la correspondance privée et échappant à toute surveillance hors du cadre judiciaire. "Si l'on remarque des groupes de discussion qui parlent des attentats, on suit de près ce qui se dit pour éventuellement intervenir", précise-t-il.

Le Directeur de l'Ecole de guerre économique, Christian Harbulot abonde dans le même sens. "Les Américains vont profiter hélas du choc émotionnel des attentats pour renforcer leur influence géoéconomique comme après la guerre du Golfe et l'Europe aura bien du mal à faire la part entre la solidarité et cette reconquête", augure-t-il.

Le chef-adjoint de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC), le commissaire Daniel Bertinet, aimerait que le traumatisme des attentats permette "d'améliorer la coopération entre la police et les industriels de l'internet". "Pour l'instant, les opérateurs n'ont aucune obligation de conserver la trace des connexions et des e-mails", déplore-t-il.

Il doute cependant que "les services de police français puissent installer des mouchards chez les fournisseurs d'accès comme le FBI l'aurait fait aux Etats-Unis avec son système baptisé "Carnivore". "A supposer que cela fonctionne, ce n'est pas dans la culture et la mentalité française", relève-t-il.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution