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Samedi 29 Septembre 2001 à 00:00

Appréhension vis-à-vis du numérique

Après avoir digéré l'épreuve des cartes illimitées, les exploitants de cinéma, réunis en congrès cette semaine à Deauville, appréhendent les bouleversements que va apporter l'arrivée de la télévision numérique terrestre (TNT) et, à plus long terme, la projection numérique.

La Fédération nationale des cinémas français (FNCF), qui regroupe aussi bien les grands circuits, tels Gaumont et UGC, que l'Art et Essai et les salles municipales, a tenu son 56ème congrès dans une atmosphère beaucoup plus sereine qu'il y a un an. La hausse de la fréquentation, qui laisse présager un bilan de 180 millions d'entrées en 2001 contre 166 l'an dernier, y est pour beaucoup.

David Kessler, le directeur général du Centre national de la Cinématographie, a d'ailleurs souligné à Deauville que la progression de 10% sur les huit premiers mois de l'année, "si elle se poursuit, placera le cinéma en salles dans une perspective de croissance que pourraient lui envier -en ces temps de fortes turbulences- bien d'autres secteurs d'activité".

Jean Labé, président de la FNCF, est plus réservé. "Une première analyse un peu superficielle peut faire croire que tout va bien", dit-il à l'AFP. C'est vrai tout le monde est content. En même temps, ce gain de fréquentation est du à l'effort d'investissement colossal des salles". "L'ensemble de la profession est endettée et donc fragile et n'est pas prête à supporter les bouleversements importants" que peut entraîner la TNT avec la création de nouvelles chaînes gratuites, souligne Jean Labé qui ne voit pas, sans appréhension, le rapprochement entre Canal Satellite et TPS.

Pour le patron de la FNCF, cela concerne "l'ensemble de la chaîne du cinéma et dont aussi le financement des films", qui dépend en grande partie de la manne télévisuelle. Or, "la bonne santé du film français est très importante pour les salles. Si on a gagné des spectateurs cette année, alors que les films américains connaissent un certain essoufflement, c'est parce que le cinéma français a pris le relais", dit-il. "On a besoin d'un cinéma français fort. Ce n'est pas seulement un problème culturel mais aussi économique", estime-t-il.

Les exploitants craignent pour l'avenir des accords qui lient cinéma et télévision. Ils redoutent un chamboulement des grilles (avec la programmation de films le samedi soir par exemple) et une diffusion plus large de films via les chaînes gratuites de la TNT. "Ces dernières années, la fréquentation des salles se développait en même temps que l'offre télévisuelle, mais c'était des offres payantes sur Canal Satellite et TPS," rappelle Jean Labé.

Autre épouvantail, à plus long terme, la projection numérique qui remplacera la bonne vieille bobine de film. Nicolas Seydoux, le patron de Gaumont, l'a jugée inéluctable mais cette révolution ne suscite aucun enthousiasme. Un projecteur numérique coute 800.000F contre 80.000F pour un projecteur traditionnel, précise Jean Labé. "Comment absorber de tels investissements?" qui, pour un groupe comme UGC, peuvent atteindre 300MF. "Les bouleversements qu'a connu le cinéma, le parlant, la couleur, le son numérique ont tous apporté un plus au spectateur.

Avec le numérique, ce qu'on peut espérer au mieux c'est qu'il ne verra pas la différence". On ne peut donc pas compter sur un gain de spectateurs, notent les exploitants. Pour Jean Labé, "les Etats-Unis donneront le la. S'ils sautent le pas, on sera sans doute obligé de suivre". Mais, pour le moment, les circuits américains, dont certains, en faillite, ont été rachetés ces derniers mois, "ne sont pas pressés".
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