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Lundi 15 Octobre 2001 à 00:00

Les médias américains entre info et propagande

Distillation d'informations au compte-gouttes, fuites dans les médias, diffusion en direct de la "propagande ennemie": la guerre "psychologique" des Etats-Unis contre le terrorisme passe aussi par le contrôle de l'information.

Dans le "nouveau type" de guerre promis par le président américain George W. Bush, l'enjeu n'est pas uniquement la puissance militaire mais aussi clairement une question d'image. Depuis son entrée en fonction en janvier, l'administration Bush a singulièrement tenu à quadriller le terrain de l'information. "De nombreux signes montrent que cette administration là est très sensible sur ces questions, et ce dès avant le 11 septembre", relève Stephen Hess, expert en sciences politiques à la Brookings Institution. Après les attentats du 11 septembre, elle a serré la vis encore davantage.

Ces événements "rappellent à tous les Américains qu'ils doivent faire attention à ce qu'ils disent et à ce qu'ils font", avait averti le mois dernier le porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleischer. Comme durant la guerre du Golfe, le département de la Défense garde depuis le début des opérations militaires en Afghanistan une étroite main mise sur l'information, distillée au compte-gouttes.

De cette "guerre de l'ombre", largement invisible, seules quelques images ont filtré : le tir d'un missile Tomahawk s'élevant dans le ciel dans un éclair de flammes, le catapultage d'un chasseur F/A-18 du pont d'un porte-avions ou encore un aéroport afghan endommagé par les bombes américaines.

"Ceux qui croient en un accès ouvert à l'information devront continuer à se faire entendre. Tous les Etats ont des secrets. Parfois ce n'est que pour couvrir des choses politiquement gênantes. Dans le cas présent, il va falloir définir la notion de secret comme quelque chose que vous ne voulez pas que l'ennemi sache", poursuit Stephen Hess.

Prenant ombrage des fuites dans les médias provenant de sources parlementaires, le président Bush a piqué cette semaine une grosse colère, menaçant les dirigeants du Congrès d'une restriction d'informations top secret sur les opérations en cours, avant finalement de faire marche arrière.

Autre signe de cette nervosité: dans un geste sans précédent, l'administration Bush s'est émue mardi auprès des chaînes de télévision américaines de la diffusion en direct, sans visionnage préalable, des déclarations guerrières de l'islamiste Oussama ben Laden et de ses lieutenants. "Ben Laden est très fort sur le front de la propagande", reconnaît Gregory Gause, politologue à l'Université du Vermont. "Il ne fait aucun doute qu'il essaye d'enflammer les masses arabes mais c'est surtout à travers les médias arabes qu'il peut être efficace".

La conseillère pour la sécurité nationale du président Bush, Condoleezza Rice, a rappelé à l'ordre les organisations de presse, insistant sur leur devoir d'exercer un "jugement éditorial" sur l'information brute qu'elles reçoivent.

L'administration Bush "leur a simplement demandé de suivre ce qui semble être la procédure journalistique appropriée: examiner les faits et décider si cela a ou pas une valeur en tant qu'information", estime Stephen Hess. Pris entre un légitime souci d'informer et un patriotisme ostentatoire, les principaux réseaux télévisés (ABC, CBS, NBC, Fox) et les chaînes d'information continue (CNN, MSNBC, Fox News) ont acquiescé à la "requête" de la Maison Blanche. "C'est absolument sans précédent au cours de ma carrière", a reconnu Andrew Heyward, président de CBS depuis 1966.

Mais, nuance-t-il, "personne n'en a pris ombrage. Nous accordons à l'administration le bénéfice du doute. La question de la propagande est une question légitime (...) Je ne vois aucun conflit entre patriotisme et bon journalisme", ajoute-t-il.
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