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Mardi 30 Octobre 2001 à 00:00

le "paradoxe numérique"

Les professionnels du cinéma, réunis à Beaune de vendredi à dimanche pour les 11es Rencontres cinématographiques, ont souligné le "paradoxe" économique du numérique, qui peut abaisser les coûts de production d'un film, mais s'avère ensuite ruineux, de la post-production à la diffusion.

Le débat "Vers de nouvelles pratiques artistiques et une nouvelle économie du cinéma?", le quatrième des Rencontres, fut également l'occasion d'aborder les aspects purement artistiques de l'utilisation de la caméra numérique (la "DV", digital video). Petite, légère, peu coûteuse, facilement maniable, équipée de cassettes de 60 minutes permettant des prises de vue beaucoup plus longues qu'avec une caméra classique, la DV a conquis de nombreux réalisateurs, comme récemment Agnès Varda pour "Les Glaneurs et la glaneuse" ou Coline Serreau avec "Chaos".

Entre enthousiastes, tel Claude Lelouch, qui voit dans le numérique "une des ces révolutions qui sauvent le cinéma tous les dix ans", et sceptiques, comme le réalisateur allemand Peter Sehr, qui pense qu'on "surestime le poids de la technique" au détriment de "l'histoire et du travail avec les comédiens", un consensus est vite apparu, considérant que la DV est "un outil de plus" pour le réalisateur, dont la vocation n'est pas de remplacer la bonne vieille pellicule. "Je pense que +Blair Witch+ était impensable en 35 mm (pellicule), tout comme +Citizen Kane+ aurait été impensable en DV. Mais chacun a trouvé sa cohérence", a tranché Jean-Pierre Jeunet, réalisateur du "Fabuleux destin d'Amélie Poulain" et président des Rencontres de Beaune, organisées chaque année par l'ARP (170 auteurs, réalisateurs et producteurs).

Si les tournages en numérique ne représentent encore que 5 % de l'ensemble, comme l'a remarqué François Hurard, directeur du cinéma au Centre national de la cinématographie (CNC), ils sont en nette progression. "En 2000, dix films agréés par le CNC ont été tournés en DV. En 2001, nous en sommes déjà à seize, soit plus de 30 % de la catégorie des films à petit budget", a-t-il souligné. Estimant que pour "un projet similaire, un tournage en DV permet une économie de 30 %", le "passage à l'acte de filmer" peut se trouver "facilité". Mais, paradoxalement, le numérique reste très coûteux dans la phase qui suit le tournage, de la post-production (montage, mixage...) à la diffusion. Des représentants des laboratoires, fournisseurs de matériel, ont ainsi dénoncé les cinéastes exigeant des équipements de post-production numérique, parfois pour des films à très gros budget, sans vouloir en assumer les coûts.Et qui partent parfois monter à l'étranger.

D'autres obstacles freinent le développement du cinéma numérique, notamment le passage au "tout informatique", qui signifie que, "tous les 18 mois environ", il faudrait changer d'installations, devenues obsolètes entre-temps. Mais le plus paradoxal reste la diffusion. "Il est préoccupant de ne pas avoir une chaîne numérique complète, de la production à la diffusion", a fait remarquer M. Hurard. Aujourd'hui, un film tourné en DV ne peut être diffusé sur les écrans dans son format d'origine, car les salles ne sont pas équipées.

Il faut donc le "traduire" en format 35 mm, soit un nouveau surcoût. Le procédé qui permettrait de diffuser directement en numérique dans les salles, via le satellite, est aujourd'hui au point. Mais personne, producteurs, distributeurs ou exploitants, ne veut en assumer le coût.
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