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Samedi 3 Novembre 2001 à 00:00

Guerre des nerfs entre la RAI et Berlusconi

Le gouvernement de Silvio Berlusconi et la direction de la RAI se livrent depuis quelques jours à une intense guerre des nerfs, emblématique du fait que le président du Conseil est l'actionnaire principal du groupe privé Mediaset, principal concurrent de la télévision publique italienne.

La bataille sourde que se livrent depuis des mois voire des années la droite, arrivée au pouvoir en juin, et la direction de la RAI, mise en place par l'ancienne majorité de centre-gauche, a éclaté au grand jour la semaine passée avec la décision du ministre des Communications, Maurizio Gasparri, de s'opposer à une transaction déjà conclue par la société en avril dernier. M. Gasparri a opposé son veto à la cession par la RAI de 49% de sa filiale Rai Way, qui gère le réseau de retransmetteurs du groupe, à la société américaine Crown Castle pour un montant de 375 millions d'euros.

Décidé à défendre bec et ongles la transaction, le conseil d'administration de la RAI a donné pleins pouvoirs à son président, Roberto Zaccaria, et à son directeur général, Claudio Cappon, pour "étudier toutes les initiatives possibles pour défendre les intérêts" de la société publique. L'organe de direction s'est dit "plus que jamais convaincu de la justesse et de l'intérêt de cet accord" pour l'avenir de la RAI et son président a laissé planer l'idée d'une action en justice contre le ministre, perspective légèrement surréaliste si l'on considère que l'entreprise a pour actionnaire ultra-majoritaire le gouvernement.

Face aux menaces, M. Gasparri a mis le responsable de la RAI en garde: "J'espère bien que Zaccaria ne s'aventurera pas dans une lutte téméraire, pour une cause injustifiée, sinon je serais obligé de me défendre". Et le ministre a contre-attaqué en soulignant que la RAI enregistrerait cette année un manque à gagner dans ses recettes publicitaires. "Cette hémorragie financière est la preuve de l'échec de la gestion" de l'actuelle direction, a estimé le ministre. Parmi les raisons évoquées pour expliquer son veto à la cession de Rai Way, le ministre évoque la faiblesse du prix et l'idée que dans l'optique d'une privatisation de la RAI, une telle opération "viderait de sa substance" la société publique.

Mais la polémique va bien au-delà d'une simple guerre autour de pylônes de retransmission, en raison surtout du statut très particulier d'un chef de gouvernement également actionnaire de contrôle du premier groupe privé de télévision. Le gouvernement Berlusconi "veut que la RAI soit faible, dépendante, à genoux", a estimé M. Zaccaria. Le refus de cette transaction naît, selon lui, du rejet par le pouvoir politique en place d'un "projet pour rendre la RAI autonome économiquement et donc aussi politiquement". "Si nous avions, sous la précédente législature, empêché Mediaset d'empocher 400 millions d'euros, il y aurait eu une révolution", a persiflé Luciano Violante, chef du groupe parlementaire des Démocrates de Gauche (DS), principal parti d'opposition.

La bataille de la direction de la RAI semble perdue d'avance. Le conseil d'administration de la société sera renouvelé en février par les présidents des deux chambres du Parlement, comme le veulent ses statuts. M. Zaccaria a déjà prévenu qu'il s'en irait, mais pas avant cette date butoir.
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