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Samedi 10 Novembre 2001 à 00:00

Le grand marché européen de la production TV et cinéma

L'émergence d'un grand marché européen, dans lequel une fiction espagnole serait diffusée aussi bien au Portugal qu'en Irlande ou au Danemark, n'est aujourd'hui encore qu'un voeu pieux, ont déploré à Dublin les participants du 13ème Forum européen de la télévision et du cinéma.

Les producteurs européens, qui regardent toujours avec envie les Etats-Unis et leur immense et homogène marché intérieur, pensaient que l'Union européenne (UE) contribuerait à faire naître un tel marché sur le Vieux continent. "Force est de constater que la circulation et la consommation d'oeuvres européennes non nationales reste marginale", a déclaré André Lange, expert au sein de l'Observatoire européen de l'audiovisuel, basé à Strasbourg. De fait, dans les salles de cinéma comme sur les écrans de télévision de l'UE, les succès sont soit nationaux soit américains, très rarement européens. "Pourtant, la plupart des obstacles juridiques à la circulation des oeuvres ont été levés, notamment grâce à la directive Télévision sans frontières", a remarqué M. Lange. "On assiste par ailleurs à une forte croissance des oeuvres produites et au développement des aides de soutien à la création".

Face à ce constat d'échec, Richard Collins, du British Film Insitute, a rappelé que le multilinguisme européen restait une forte contrainte, à laquelle n'étaient pas --ou moins-- soumis les Etats-Unis. "Les barrières culturelles et linguistiques sont certes une réalité mais on pourrait quand même faire mieux", a estimé le Danois Klaus Hansen, président de la Coordination européenne des producteurs indépendants (CEPI). "Les diffuseurs publics et l'Union européenne de radiodiffusion (UER), ne remplissent pas suffisamment leur rôle dans la circulation des oeuvres".

Le problème est également politique. "L'une des préoccupations majeures de la Commission européenne est de ne pas étouffer, de ne pas faire reculer la diversité culturelle", a ainsi déclaré Henri Ingberg, ministre belge de la communication francophone. "Plusieurs pays, notamment ceux qui parlent des langues dites minoritaires, ont peur de perdre leur identité et font preuve d'une grande méfiance envers les actions européennes communes", a-t-il ajouté. La seule production télévisée pan-européenne a avoir vu le jour ces dernières années est celle de la télé-réalité, principalement avec l'emblématique "Big Brother", mais en déclinant dans les pays acheteurs une version locale du même jeu.

Pour Gary Carter, directeur des programmes chez Endemol, le producteur néerlandais de "Big Brother", ce jeu est "un produit médiatique inventé pour les médias contemporains. Chez les téléspectateurs de vingt ans, l'ironie est omniprésente, tout peut être dérisoire". André Lange, de l'Observatoire de Strasbourg, ne croit pas que la télé-réalité soit la panacée de la production pan-européenne. "Les émissions de flux (tous les programmes qu'on ne peut rediffuser, comme les divertissements, ndlr) drainent de l'audience et de l'argent frais mais ne ne sont pas des actifs à long terme", estime-t-il.

Selon lui, le succès ou non des plate-formes numériques satellitaires sera "l'événement-clé" dans les mois à venir pour la constitution d'un marché européen. "Les fusions de bouquets concurrents, comme Telepiu (Canal+) et Stream (Murdoch) en Italie, seront déterminantes". "Quant au cinéma, souhaitons que Billy Elliot et Amélie Poulain se marient et aient beaucoup d'enfants, car l'Europe a besoin de ce genre de films", a-t-il lancé.
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