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Mercredi 14 Novembre 2001 à 00:00

Soyouz à Kourou

La Russie porte un intérêt évident, mais purement économique, à l'utilisation du Centre spatial guyanais (CSG) de Kourou par ses lanceurs Soyouz, question que doit trancher le conseil ministériel de l'Agence spatiale européenne (ESA) réuni à Edimbourg mercredi et jeudi.

"Tout dépend des conditions qu'arrêtera l'ESA", car il n'y a pas d'intérêt politique dans cette affaire, a indiqué mardi à l'AFP un responsable de l'Agence spatiale russe sous couvert d'anonymat. Il s'agirait de lancements commerciaux - le premier Soyouz partirait de Kourou en 2005 - de satellites placés en orbite de transfert géostationnaire. La fusée russe (déjà partiellement exploitée, à Baïkonour, par la société franco-russe Starsem, dont Arianespace est actionnaire) occuperait sur le marché un créneau laissé vacant par Ariane-4, dont le dernier vol est prévu en 2003.

Ariane-5, qui lui succède, emportera, à terme, une charge utile beaucoup plus importante (12 tonnes). Pour un satellite moyen, Ariane-5 sera chère et incommode, selon la même source. Or, Kourou étant placé beaucoup plus près de l'équateur que le cosmodrome russe de Baïkonour, au Kazakhstan (position géographique qui permet de réduire la consommation de combustibles d'un lanceur en profitant de la rotation de la Terre), le site français donnerait au Soyouz la capacité de mettre en orbite une charge utile géostationnaire allant jusqu'à 2,8 tonnes, impossible d'envisager au départ du cosmodrome kazakh.

Par ailleurs, relève un expert, l'arrivée du lanceur Soyouz en Guyane "ferait construire plus de fusées, préserverait sinon créerait des emplois, apporterait de l'activité à plusieurs partenaires russes de l'entreprise". Moscou fait preuve d'optimisme prudent, jugeant que jusqu'à présent les négociations ont bien avancé. Fin octobre, après la visite en Russie du Premier ministre français Lionel Jospin, le vice-Premier ministre russe Ilia Klebanov a déclaré qu'il s'attendait à une décision favorable de l'ESA.

Au cours du premier trimestre de 2002, la Russie devrait conclure avec l'ESA les pourparlers sur les aspects financiers du dossier, et notamment sur le montant de la facture de la construction à Kourou d'un pas de tir destiné aux Soyouz, d'un coût de 250 à 270 M USD, a ajouté M. Klebanov. Reste la question de savoir dans quelle mesure les pourparlers sur Kourou s'imbriquent dans une négociation d'une ampleur beaucoup plus vaste, celle sur un partenariat euro-russe dans l'aéronautique. Lors de la visite du président français Jacques Chirac en Russie en juillet dernier, ce lien était clairement évoqué dans l'entourage du chef de l'Etat.

La Russie, qui aura bientôt besoin de renouveler son parc d'avions de ligne vieillissants, s'associera-t-elle à l'Europe pour donner naissance à un pôle euro-russe dans l'industrie aéronautique et spatiale ou bien penchera-t-elle pour un rapprochement avec Boeing ? La décision que doit prendre l'ESA s'inscrit dans ce débat.
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