Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Lundi 19 Novembre 2001 à 00:00

La télévision afghane renaît

Il est 17h59 dimanche quand Maryam Shakiba s'asseoit sur la chaise de plastique jaune qui fait face au pupitre à la peinture écaillée du studio de la "Television of Afghanistan", autorisée à émettre de nouveau par l'Alliance du Nord qui a pris Kaboul le 13 novembre.

Pendant toute la durée de leur règne, les talibans ont interdit les télévisions dans les régions qu'ils contrôlaient, soit la quasi-totalité du pays. Cette privation, de cinq ans et deux mois, s'est achevée à 18h00 pile, quand Maryam, la tête voilée et très émue, a pris la parole pour annoncer les programmes à suivre. "C'est pour nous très important que ce soit une femme qui soit la première, car elles ont été des prisonnières pendant cinq ans", explique, ravi, le directeur des programmes, Homayuon Rawy. "Avant les talibans, on avait eu la télévision pendant plus de vingt ans et la radio pendant soixante ans, alors aujourd'hui est un grand jour et nous sommes très heureux", ajoute-t-il entouré de journalistes étonnés par le bon état apparent des bancs de montage rustiques.

"Le matériel était détruit, mais nos ingénieurs ont réussi à tout réparer en quatre à cinq jours", indique Homayuon. "Mais nous rencontrons toujours d'énormes problèmes techniques". Aucun couac ne vient toutefois troubler les premières minutes de direct, tandis que des techniciens, perdus au milieu de moujahidine, poussent un "ouf" de soulagement. Au-dessus de la porte de la régie, l'incontournable inscription "on air" (enregistrement en cours) s'allume dans sa traditionnelle lumière rouge. "Television of Afghanistan" diffusera, environ trois heures par jour, des programmes variés selon ses responsables: émissions pour enfants et adolescents, émissions religieuses ou même journal d'information.

Le premier programme choisi était un micro-trottoir dans Kaboul libérée, des habitants, y compris des femmes sous leur burqa (vêtement les couvrant de la tête aux pieds, avec une sorte de grillage aux niveau des yeux), critiquant les talibans. L'émetteur permettait dans le temps de couvrir un rayon d'une soixantaine de kilomètres, mais les moyens limités de la "nouvelle" télévision, devrait raccourcir cette distance. L'équipe aussi, anciennement forte de 120 employés, repart avec environ 25 personnes.

Abdullah Fahim, qui arbore une belle cravate bleue en se préparant à présenter le journal de 19h00, faisait déjà partie de l'équipe avant que les miliciens islamistes ne coupent l'antenne. "J'ai présenté les nouvelles pendant treize ans. J'ai bien sûr dû arrêter quand les talibans sont arrivés, mais je suis resté à Kaboul. Je suis médecin de formation et j'ai continué à travailler à l'hôpital. Aujourd'hui je suis heureux d'être de retour", lance-t-il réjoui. Quant à Maryam, elle est intimidée de voler la vedette à son directeur.

Elle n'a que 16 ans et pourtant, explique celui-ci, elle a été choisie pour lancer la télévision renaissante "à cause de son expérience". En effet, avant les talibans, elle animait une émission pour enfants, alors qu'elle n'avait que... 11 ans.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution