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Vendredi 14 Décembre 2001 à 00:00

La radio-TV palestinienne émet encore ...

Après l'aéroport et les hélicoptères de Yasser Arafat, Israël a frappé jeudi la radio-télévision, un autre symbole de l'Autorité palestinienne, mais malgré la démolition d'une antenne, la chaîne officielle continuait d'émettre tant bien que mal dans la soirée.

Le centre de diffusion de Ramallah (Cisjordanie), endommagé par les bombardements de la nuit, a été dynamité en fin de matinée par des militaires du génie israéliens. "L'installation de Ramallah avait été construite en 1936, sous le mandat britannique en Palestine. C'était un relais historique au Moyen-Orient, puisqu'il a été utilisé pour radio-diffuser la première chanson d'Oum Kalsoum", la célèbre artiste égyptienne, raconte Ahmed Atala, journaliste à la PBC (Palestinian Broadcasting Corporation), la radio-TV officielle de l'Autorité palestinienne.

Le relais servait à la radio, la Voix de la Palestine, dont la rédaction est basée à Ramallah, tandis que la TV est installée à Gaza. Pourtant, on pouvait toujours écouter la radio jeudi après-midi grâce à l'aide de stations indépendantes locales, qui ont mis leur réseau FM à la disposition de la PBC. "On avait de toute façon prévu d'autres antennes de secours", assure Ahmed Atala, qui rappelle que la station de Ramallah avait déjà été bombardée le 12 octobre 2000 après le lynchage de deux soldats israéliens dans un commissariat de la ville, alors que l'Intifada commençait à peine. Car la radio-TV palestinienne n'est pas un organe de presse ordinaire. Lancée dans la foulée de la création de l'Autorité palestinienne, en 1994, elle est devenue "un symbole évident de la souveraineté" d'un Etat qui n'est pas encore né, souligne Ibrahim Al-Naji, rédacteur en chef à la TV.

Son logo est sans ambiguïté: le Dôme du Rocher, l'une des deux mosquées de l'Esplanade des Mosquées, située dans la Vieille ville de Jérusalem, dont les Palestiniens réclament la souveraineté. La moindre activité officielle de Yasser Arafat, dont les portraits ornent un peu partout les bureaux de la chaîne, fait l'objet d'une ample couverture. Les bombardements israéliens sont filmés en direct depuis la terrasse d'un immeuble voisin. Les Israéliens n'ont d'ailleurs cessé de critiquer les programmes audiovisuels palestiniens, estimant qu'ils constituent une incitation à la violence.

"C'est clairement la TV de l'Autorité palestinienne. Mais elle est beaucoup moins regardée que ses concurrentes al-Jazira, +la CNN arabe+, ou Al Manar, la télé du Hezbollah", souligne Ihab Abou Mamar, un enseignant spécialiste de la télévision. "Travailler dans cette télé est d'abord une question de patriotisme, c'est faire partie d'un peuple", reconnaît Abdelatif Shrafi, l'un des cinq cameramen de la PBC, qui assure qu'il couvre les affrontements "sans gilet pare-balles et pour 1.000 shekels (NDLR: moins de 250 USD) par mois". "Si on nous détruit, on essaiera de réparer. Et si on y arrive pas, on donnera nos images gratuitement aux chaînes étrangères pour montrer la réalité de ce pays", ajoute le jeune homme, qui raconte que le bâtiment est évacué à chaque bruit d'avion suspect.

"Attristé" par la démolition de l'antenne de Ramallah, le directeur de la PBC, Maher Al-Rayyes, n'exclut pas une attaque israélienne contre le siège de la TV à Gaza. "Tout est possible, on s'attend à tout", dit-il. Mais, prévient-il, "ce serait alors un élément de plus à ajouter à la colère des Palestiniens".
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