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Dimanche 16 Décembre 2001 à 00:00

"L'ami Santelli"

Celui qu'on surnommait "L'ami Santelli" par référence à l'oeuvre-phare ("Bel-Ami") de Maupassant dont il était spécialiste, s'est éteint vendredi soir à l'âge de 78 ans, après s'être battu sans relâche pour un "grand petit écran".

Auteur dramatique, producteur, réalisateur, ce pionnier de la télévision française a succombé aux blessures consécutives à une chute qu'il avait faite le 12 septembre, après qu'une éléphante l'eut soulevé de terre et laissé tomber du haut de trois mètres. Son accident était survenu sous le chapiteau du cirque Gruss, alors qu'il travaillait à un projet de mise en scène de "La Flûte enchantée" de Mozart. Claude Santelli s'était fracturé la deuxième vertèbre cervicale, perdant l'usage de la mobilité et de la parole.

Catherine Tasca, ministre de la Culture, a salué samedi "le travailleur infatigable" et l'"homme d'une grande générosité, qui n'avait pas hésité à mettre aussi son talent au service de ses confrères", en défendant leurs intérêts au sein de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD). Claude Santelli naît le 17 juin 1923 à Metz (Moselle), suit des études de lettres, devient comédien et écrit pour le théâtre "Le Fantôme" d'après Plaute (Compagnie Jacques Fabbri au Vieux Colombier) et "La Famille Arlequin".

Dès 1955, il trouve dans la télévision naissante, un fabuleux vecteur pour sensibiliser aux grands textes d'auteurs un public qui n'a pas toujours lu. C'est alors l'époque de Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet, Jean-Claude Bringuier ou Max-Pol Foucher, enthousiastes pionniers du petit écran avides de faire partager les trésors de la science, de la poésie, de la peinture, des dramatiques. Producteur du premier feuilleton télévisé "Le tour de France par deux enfants (1957-1958)", il initie les jeunes à la lecture en créant la fameuse émission "Livre mon ami" (de 1958 à 1968) et, en 1960, "Le théâtre de la jeunesse" (1960-1966) qui a permis à des générations d'enfants de connaître "Cosette", "le Général Dourakine" ou "Olivier Twist".

Pour Noël 1964, il monte avec Jean-Christophe Averty "Les verts paturages", et propose en 1969 "Les cent livres" avec Françoise Verny, une des figures de Gallimard, où il présente un éclairage concentré et aigu sur un livre, n'hésitant pas à parler de Marcel Proust. Cet homme à la frêle silhouette est en effet convaincu que rien n'est trop beau pour le téléspectateur, que l'être humain aspire à apprendre, à découvrir et que c'est en produisant le beau, que le petit écran deviendra grand. Mais, après avoir adapté et réalisé "La confession d'un enfant du siècle" d'après Musset, "Le neveu de Rameau", "Jacques le fataliste" d'après Diderot, ainsi que deux séries d'après Maupassant, ce pionnier de la télévision ne la reconnaît plus.

L'amertume point déjà en 1983. Il interpelle François Mitterrand : "Monsieur le Président, vous n'aimez pas la télévision..." Lorsqu'en 1996, il réalise pour France 2 la fiction "la Comète" avec Didier Sandre et Françoise Fabian, qui ne sera jamais diffusée, Claude Santelli accuse le coup. "Aujourd'hui à la télé, il y a une uniformisation terrifiante, des schémas préétablis, des héros récurrents, des variétés interchangeables". Pour cet éternel jeune homme, officier de la Légion d'honneur, mais dont le seul souci est de ne pas trahir, de ne pas réduire l'oeuvre littéraire, la télévision des inventeurs n'est plus.
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Vos réactions

Pierre | Vendredi 18 Juin 2010 à 19:12
Peut-on me dire qui est le compositeur de la musique du générique de l'émission "Livre mon ami" de Claude Santelli? Merci...
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