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Vendredi 21 Décembre 2001 à 00:00

Canal+ ne veut plus être la vache à lait ...

Tout en cherchant à minimiser ses propos sur la "mort" de l'exception culturelle française, le pdg de Vivendi Universal (VU), Jean-Marie Messier, relayé par Pierre Lescure, patron de Canal+, a plaidé jeudi pour la réduction des obligations de la chaîne cryptée envers le cinéma hexagonal après 2004.

Qualifiant dans Libération de "sublime faux procès" la polémique née de ses déclarations, le pdg du numéro deux mondial de la communication soutient dans le même journal qu'il est au contraire favorable à la "diversité culturelle". Pierre Lescure, patron de Canal+ a enfoncé le clou jeudi matin, en déclarant lors d'une conférence de presse que les propos de "J2M" avaient été "mal interprétés". "La globalisation peut être source de création", a-t-il assuré.

Ce que tout le monde a compris, en revanche, c'est que Canal+ ne veut plus être la seule vache à lait du cinéma français, auquel elle aura versé en 2001 environ 305 M EUR (2 mds de F), entre ses obligations contractuelles et les sommes investies à travers StudioCanal, son studio de production européen. "Est-il légitime d'imaginer un peu plus d'équité dans un système où Canal+ n'a plus le monopole du cinéma à la télé? Oui", déclare M. Messier. "Nous revendiquons cette équité et nous souhaitons que tous les acteurs qui font une offre cinéma au consommateur français prennent les mêmes engagements au même niveau que Canal+", ajoute-t-il.

En écho, Pierre Lescure a réclamé l'ouverture d'un "débat sérieux" sur le financement du cinéma français. "Les temps ont changé. La consommation du cinéma s'est banalisée", a-t-il remarqué. "Je ne marche plus. On doit travailler aujourd'hui à des perspectives de financements supplémentaires et, le cas échéant, alternatifs", a-t-il estimé. Sans remettre en cause les accords de début 2000 qui lient jusqu'en 2004 la chaîne cryptée et les professionnels du cinéma, les dirigeants de Vivendi Universal veulent néanmoins préparer le terrain à une baisse des obligations. Car si la chaîne a prospéré largement grâce au cinéma depuis sa création, elle estime aujourd'hui que ce n'est plus un élément aussi déterminant pour les abonnés. "De manière inéluctable, l'impact du cinéma comme produit d'appel exclusif, qui fait s'abonner pour un an à une chaîne à péage quelle qu'elle soit, n'est plus perceptible", a tranché Pierre Lescure.

Dès lors pourquoi continuer de "contribuer à hauteur d'un tiers au financement du cinéma" ? Le bouquet satellitaire TPS (concurrent de CanalSatellite) "n'a pas signé d'engagement de diversité ni de soutien à l'exploitation ni de soutien à la diffusion", a-t-il souligné. "Il faudra bien un jour parler d'équité". Le patron de Canal+ avance également "les nouvelles offres qui ont ajouté encore à la complexité du marché. "Les cartes d'abonnement illimité, par exemple, ont changé la donne auprès de nos abonnés.

Le développement du DVD est également un paramètre à prendre en compte". "Le sujet est culturel et sociologique, donc politique", a-t-il dit. "On a tout notre temps pour ouvrir un débat sérieux mais ne le perdons pas". Selon lui, c'est la "pérennité du financement du cinéma" qui est en jeu. Le septième art pourrait y avoir d'autant plus intérêt que la situation financière de Canal+ n'est plus aussi brillante que par le passé.

Or les obligations de la chaîne étant indexées à son chiffre d'affaires, "si Canal+ va mal, c'est toute la profession qui en pâtira", observe un professionnel.
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