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Jeudi 16 Janvier 2003 à 00:00

Ariane-5 prive la sonde Rosetta de son rendez-vous

La sonde européenne Rosetta, qui devait partir prochainement en direction de la comète Wirtanen, est privée à jamais de son rendez-vous, après l'échec le mois dernier de la nouvelle version de la fusée Ariane-5.

Après cet échec du lanceur lourd dans sa nouvelle configuration, les responsables de l'Agence spatiale européenne (ESA) ont estimé qu'il était impossible de faire partir Rosetta dans des conditions de sûreté absolue. La mission a été abandonnée et la sonde effectuera ultérieurement une exploration similaire sur une autre comète, a annoncé mercredi le directeur du programme scientifique de l'ESA, David Southwood. Telle que la mission était conçue, la sonde, pour atteindre Wirtanen, devait impérativement partir entre le 12 et le 31 janvier pour un voyage de huit ans et demi.

Pour bénéficier d'un "effet de fronde", elle devait revenir deux fois vers la Terre et passer une fois près de Mars pour finir par se mettre en orbite autour de la comète en 2011. En 2012, elle devait larguer un atterrisseur sur Wirtanen. La fin de la mission était programmée pour octobre 2013. Cinq ou six autres cibles potentielles sont connues, en orbite autour du Soleil ou de Jupiter. "Ce que nous voulons, c'est une comète active, qui produit beaucoup de poussière et beaucoup de gaz, a expliqué le Pr Southwood. La cible une fois identifiée, il existe ensuite différentes manières pour y accéder, par un jeu de billard cosmique".

Le nom de la "gagnante" pourrait être connu avant la fin de l'année, puis la nouvelle mission redéfinie d'ici deux ans et demi. La mission, dont la mise sur pied aura coûté un milliard d'euros environ, dont 700 millions d'euros à la charge de l'ESA, n'est pas perdue, mais sa modification devrait entraîner un coût supplémentaire de 50 à 100 M EUR, a estimé David Southwood. Le report de la mission est en revanche fâcheux pour le lanceur, d'autant qu'aucun problème technique ponctuel ne semblait interdire son décollage. Ce sont des doutes sur la validité de l'ensemble des procédures de qualification des lanceurs Ariane-5 qui ont conduit la "commission de revue" à dire "non", à un moment où Ariane-5 s'apprête à prendre définitivement le relais de sa soeur aînée Ariane-4, dont l'ultime vol est prévu le 12 février.

Le bilan des quatorze vols effectués jusqu'ici par Ariane-5 est plutôt mitigé et explique au moins partiellement ce qui n'est peut-être qu'un excès de précaution. L'ESA est en effet doublement impliquée, en tant que concepteur de la mission Rosetta et co-responsable du développement des fusées Ariane. La carrière d'Ariane-5 a commencé par l'explosion de la fusée lors du tir inaugural, en 1996, en raison essentiellement d'une conception informatique erronée. Quatre satellites scientifiques de l'ESA, Cluster, sont détruits. En 2001, l'arrêt prématuré de l'étage supérieur place sur une mauvaise orbite le satellite japonais BSAT-2b et son compagnon européen Artemis.

Enfin, le 11 décembre 2002, des modifications apportées au système de refroidissement de la tuyère du moteur Vulcain de l'étage principal de la toute nouvelle Ariane-5 ECA précipitent la fusée dans l'Atlantique, avec deux satellites à bord. En principe, après le lancement de Rosetta, l'Ariane-5 de base (dite "Générique") devait revoler dans la deuxième quinzaine de février et la version "musclée" ECA, dans six mois. Ce calendrier pourrait être remis en cause après ce verdict qui implique toute la filière Ariane-5.
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