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Vendredi 17 Janvier 2003 à 00:00

Arianespace traverse de fortes turbulences

La société européenne Arianespace traverse de fortes turbulences après l'échec du premier tir de sa nouvelle fusée Ariane-5 et le report du fabuleux voyage de la sonde Rosetta, alors que la concurrence se fait de plus en plus agressive dans un marché spatial déprimé.

Fragilisée par l'échec en décembre dernier de la version "turbo" d'Ariane-5, Arianespace a du renoncer mercredi à la mission Rosetta, afin de procéder à des vérifications. Rosetta devait partir impérativement avant la fin du mois pour se poser au terme d'un voyage de huit ans et demi sur la comète Wirtanen. Les responsables de l'Agence spatiale européenne (ESA) ont estimé qu'il était impossible de faire partir leur sonde dans des conditions de sûreté absolue. Une commission d'experts a préféré différer ce lancement pour vérifier l'ensemble des procédures de qualification des lanceurs Ariane-5.

Pourtant, aucun problème technique ponctuel ne semblait interdire le lancement de Rosetta. La sonde devait en effet être lancée par une fusée Ariane-5 classique et non par le dernier modèle, plus puissant, Ariane-5 ECA, qui a raté son vol inaugural le mois dernier. Mais les spécialistes ont eu des doutes et ont préféré revoir l'ensemble du programme Ariane-5. "C'est un signal de panique", estime un expert du secteur spatial à Paris. "Et ce n'est pas rassurant pour les clients qui risquent de se tourner vers la concurrence américaine". Au siège d'Arianespace, on affirme que "du côté des clients, il y a plutôt des signes de confiance".

Alors que la concurrence s'intensifie avec l'arrivée des nouveaux lanceurs Delta-4 de l'américain Boeing et Atlas-5 de l'américano-russe ILS (International Launch Services), la société européenne s'efforce de renforcer son image de sérieux en se montrant déterminée à ne prendre aucun risque. Sur un plan financier, le report du lancement de Rosetta ne devrait pas avoir de conséquences négatives directes pour Arianespace, puisqu'il ne s'agissait pas d'un lancement commercial. En revanche, le calendrier des futurs lancements d'Ariane-5 pourrait être remis en cause. "Tout dépend du plan de retour en vol de la fusée Ariane-5 ECA" qui doit être défini prochainement, indique-t-on prudemment au siège d'Arianespace.

La société européenne prévoyait six lancements d'Ariane-5 cette année dont un nouveau tir de la version ECA. Ariane-5 s'apprête à prendre définitivement le relais de sa soeur aînée Ariane-4, dont le dernier vol est prévu le 12 février prochain. Et Arianespace a fait de la nouvelle version ECA de cette fusée le fer de lance de sa stratégie de conquête du marché des lancements de satellites car elle a la capacité d'en emmener deux pour une charge globale de dix tonnes et de réduire ainsi le coût du voyage. La société européenne qui a essuyé une perte nette de 193 millions d'euros en 2001 et ne prévoit pas de sortir du rouge avant la fin 2003 ou le début 2004, compte sur ce nouveau modèle pour continuer à étoffer son carnet de commandes actuel (41 satellites à lancer).

Contrôlée par 44 sociétés de 12 pays européens, Arianespace, qui se présente comme le numéro un mondial du transport spatial commercial, a décroché 11 contrats en 2002 contre 13 en 2001. Mais le marché mondial des lancements de satellites commerciaux se réduit dangereusement: il est passé de quelque 25 lancements en 2001 à une quinzaine l'an dernier et les experts n'entrevoient pas de reprise avant 2005 ou 2006.
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