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Dimanche 19 Janvier 2003 à 00:00

La mise sur pied d'un "CNES fort"

La France, "seul pays à pouvoir prendre le leadership en matière de politique spatiale européenne", a besoin de la mise sur pied d'un "CNES fort", rénové, insiste une commission dans un rapport sur la politique spatiale française, remis vendredi à Claudie Haigneré, ministre déléguée à la Recherche.

"En nous lançant dans ce travail, à la demande de Mme Haigneré, nous n'avions aucun a priori, et nous nous demandions même s'il fallait maintenir une agence spatiale française au service de notre pays et de l'Europe", a expliqué Roger-Maurice Bonnet, président de la commission de réflexion sur la politique spatiale, constituée en octobre, en présentant les grandes lignes de ce document. "Mais toutes les personnes interrogées nous l'ont dit : sans un CNES (Centre national d'études spatiales) fort, pas d'Europe spatiale", a ajouté l'astrophysicien, ancien directeur du programme scientifique de l'Agence spatiale européenne (ESA), actuellement directeur général adjoint scientifique du CNES et président du Comité de la recherche spatiale (COSPAR).

Le rapport n'en est pas moins très critique : le CNES est en crise financière, son conseil d'administration "ne joue pas pleinement son rôle" et la présentation des comptes "doit être revue afin de permettre aux administrateurs d'assurer leurs responsabilités", a énuméré le Pr Bonnet. Sa direction, bicéphale aujourd'hui, doit être confiée à l'avenir à un président-directeur général, au profil de "manager", qui serait nommé en Conseil des ministres et chargé de la "remise en ordre" du Centre, recommande la commission. Le poste de directeur général (aux côtés d'un président) est à supprimer purement et simplement.

Tout cela pour redonner au CNES le poids qu'il avait au moment de sa création, en 1961, à l'initiative du général de Gaulle, qui voulait faire de la France la troisième puissance spatiale, aux côtés des Etats-Unis et de l'ancienne Union soviétique. Dans le contexte actuel, la commission met l'accent en particulier sur l'importance des questions de défense dans le domaine spatial, à l'instar de la place qui leur est accordée aux Etats-Unis, mais aussi sur la nécessité de pouvoir faire face à "l'hégémonisme américain" dans les différents secteurs d'application tels que les télécommunications, la navigation, l'agriculture ou l'environnement.

Le CNES, souligne le rapport, doit rester une "force de propositions en vue de définir la politique spatiale" au service de l'Etat et "continuer à assurer le leadership spatial en vue d'accompagner l'intégration européenne". A cette fin, en relation avec l'ESA et les industriels concernés, il doit préparer les "évolutions" à soumettre à une Conférence spatiale européenne au plus haut niveau, en 2005, pour établir les nouvelles bases de la politique spatiale du continent. L'échec, le 11 décembre, de la première Ariane-5 ECA (nouvelle version de la fusée lourde européenne), a par ailleurs noté Roger-Maurice Bonnet, a "fortement réorienté" les travaux de la commission.

La responsabilité du CNES (concepteur du programme Ariane) et d'Arianespace (opérateur des fusées européennes) "est largement partagée". Un retour au plus haut niveau de fiabilité du lanceur "doit être atteint extrêmement vite", a-t-il souligné. Ce rapport va être utilisé par Mme Haigneré pour présenter d'ici deux mois, en Conseil des ministres, un plan d'action du gouvernement en matière de politique spatiale.
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