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Jeudi 23 Janvier 2003 à 00:00

En Afghanistan les télés étrangéres sont inderdites !

Après la télévision par câble, le président de la Cour suprême afghane a condamné mercredi toutes les télévisions étrangères comme "anti-islamiques" et demandé leur interdiction pure et simple sur tout le territoire afghan, même si cette décision a peu de chance d'être appliquée par le gouvernement.

"Que ce soit la télévision par câble ou autre chose, cela aura une influence négative en Afghanistan et cela doit être interdit", a déclaré Fazil Hadi Shinwari, président de la Cour suprême, en théorie l'organe législatif suprême en Afghanistan. Dans une première intervention mardi, M. Hadi Shinwari avait annoncé avoir demandé l'interdiction de la télévision par câble, jugeant "pornographiques et anti-islamiques" certaines images diffusées sur ce réseau. "Nous voyons l'Occident essayer d'imposer son idéologie en Afghanistan, (...), l'Afghanistan est un pays musulman et nos traditions se basent sur l'islam. Peu importe ce qu'en pensent les autres pays. Nous décidons de nos propres lois et nous en assumons la responsabilité", a martelé le président de la Cour suprême.

"Je demande aux Européens et aux autres pays de garder leur culture et leurs opinions pour eux-mêmes", a conclu M. Hadi Shinwari, dans un discours à l'accent anti-occidental peu fréquent ou rarement exprimé en public par les responsables afghans au pouvoir depuis la chute des talibans fin 2001. La télévision par câble, qui permet la réception d'une dizaine de chaînes étrangères, est déjà opérationnelle dans plusieurs quartiers de Kaboul. Sa diffusion a néanmoins été interrompue il y a quelques jours, officiellement pour que les opérateurs du câble obtiennent l'agrément du ministère de l'Information et de la Culture dans le cadre d'une nouvelle législation.

Les antennes de réception satellitaire sont également très répandues dans toutes les grandes villes afghanes. Les vidéos pirates de films occidentaux et surtout indiens, dont raffolent les Afghans, se vendent dans d'innombrables magasins. La télévision était interdite en Afghanistan de 1996 à fin 2001 sous le régime fondamentaliste des talibans. "Il était de notre responsabilité de prendre cette décision, c'est maintenant au gouvernement de la mettre en oeuvre", selon le président de la Cour suprême. Pour le ministre de l'Information et de la Culture, Sayed Makhdoom Raheen, cette décision n'appartient qu'à son ministère, et non à la Cour suprême. "C'est le ministère de l'Information qui autorise la diffusion des chaînes par câble", a-t-il affirmé.

"Notre politique pour le câble est une politique de liberté mais aussi de respect de la législation (...). Nous autorisons les opérateurs de télévision par câble à travailler en Afghanistan, seules les chaînes anti-islamiques et contraires aux traditions afghanes seront interdites", selon le ministre Raheen. Cette position créé un précédent juridique, remarque sous couvert de l'anonymat un observateur international: le gouvernement refuse ainsi de mettre en application une décision de la Cour suprême, qui a en théorie un pouvoir coercitif sur l'éxécutif.

"Mais le ministère sait de toutes façons qu'il ne peut pas mettre en oeuvre l'ordre de la Cour suprême". Interdire les télévisions étrangères à Kaboul, dans une ville où presque chaque foyer dispose d'une antenne satellitaire bricolée sur son toit, paraît aujoud'hui, plus d'un an après la chute des talibans, tout simplement impossible, commente cette même source.
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