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Lundi 3 Février 2003 à 00:00

Après Columbia, l'avenir des navettes spatiales en question

La catastrophe de Columbia remet en question l'avenir des navettes spatiales, et si des voix s'élèvent déjà pour demander l'arrêt d'un programme jugé coûteux et dangereux, les Etats-Unis pourraient n'avoir d'autre choix pour l'instant que de continuer avec elles.

La conquête de l'espace "continuera", a assuré samedi le président George W. Bush. Mais, avec deux navettes et 14 vie perdues en 17 ans, les responsables américains s'interrogeaient dimanche sur l'avenir des vols spatiaux habités:

les risques en valent-ils la chandelle ?

Le programme spatial est-il suffisamment financé ? Continuer, oui, mais avec quoi ?

Après la catastrophe de la navette Challenger en janvier 1986, les vols de navette avaient été suspendus pendant 32 mois, le temps de tirer au clair les causes de l'accident et d'y remédier. Quelques heures après l'accident de Columbia, la Nasa a suspendu tous les vols de navette jusqu'à nouvel ordre. Et des voix se sont immédiatement élevées pour demander l'arrêt pur et simple du programme. "La navette spatiale doit être arrêtée", écrit ainsi l'hebdomadaire Time dans son édition à paraître lundi. "Elle coûte cher, elle est dépassée, impraticable, et comme nous venons à nouveau de l'apprendre, mortelle".

Mais les Etats-Unis ont-ils vraiment le choix ? Non, répondent de nombreux responsables et experts car, sans navettes spatiales, plus question de terminer l'assemblage de la Station spatiale internationale (ISS) et d'assurer son exploitation. C'est ce qu'a laissé entendre dimanche l'administrateur de la Nasa, en n'excluant pas une reprise prochaine des vols, une fois que l'enquête aura tiré au clair les causes de l'accident de Columbia. Samedi, la Nasa avait annoncé la suspension sine die de tous les vols de navette. Hormis celle de Columbia, cinq missions étaient prévues cette année.

En mars, la navette Atlantis devait relever l'équipage résident de l'ISS. Interrogé sur la possibilité qu'une navette puisse être lancée d'ici juin, M. O'Keefe a déclaré: "Nous n'allons certainement écarter aucune possibilité. Nous nous préparons pour un lancement quand il le faudra, une fois que nous aurons trouvé le problème et la façon d'y remédier". "La navette spatiale volera de nouveau", car il n'y a pas d'autre vaisseau pour la remplacer, assure pour sa part Nick Fuhrman, spécialiste de la politique spatiale. "Nous avons une station spatiale et un engagement à long terme de présence dans l'espace", ajoute-t-il. "Si quelque chose de bien sort de cette tragédie, ce sera la volonté de mettre davantage de ressources financières dans ce programme, ce qui n'a pas été fait ces dix dernières années", souligne-t-il.

En septembre 2001, le sénateur de Floride Bill Nelson avait tiré la sonnette d'alarme. "Si l'on ne donne pas au programme des navettes spatiales les ressources nécessaires pour mettre à niveau leur sûreté, notre pays va payer un prix insupportable. Nous étouffons le budget navette de la Nasa, en augmentant considérablement les risques d'une perte catastrophique", avait-il dit. "C'est le moment de dire que nous n'allons pas continuer à couper ce budget", a affirmé dimanche la sénatrice du Texas Kay Bailey Hutchison, en remarquant que les fonds de l'agence spatiale avaient été amputés de 40% en dix ans.

De cinq navettes, la flotte de la Nasa est désormais réduite à trois: Atlantis, Endeavour et Discovery, la petite dernière entrée en service en 1992. Plus question d'en construire d'autres: elles reposent sur une technologie vieille de 35 ans, lourde (trois mois de préparation avant chaque vol) et coûteuse (un lancement coûte au minimum 400 millions de dollars). "C'est clair, nous voulons aller de l'avant avec la prochaine génération" de vaisseaux spatiaux, a reconnu dimanche le patron de la Nasa.

L'avenir, c'est l'avion spatial orbital, plus petit que la navette, lancé au bout d'une fusée classique. Mais les premiers prototypes commencent à peine à sortir des cartons et il ne devrait pas être opérationnel avant 2010.
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