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Mercredi 5 Février 2003 à 00:00

Navette Columbia: l'enquête se concentre sur les tuiles

La Nasa cherchait toujours mardi à reconstituer le puzzle de la catastrophe de la navette spatiale Columbia, alors que les enquêteurs se concentrent désormais sur de possibles dégâts causés aux tuiles du bouclier thermique du vaisseau lors du décollage le 16 janvier dernier.

La Nasa a déjà mis au jour un certain nombre d'éléments troublants qui semblent offrir des pistes, mais rien qui permette encore de bâtir une explication plausible. "Nous sommes face à un mystère et il apparaît que nous avons des informations contradictoires", a reconnu lundi le directeur du programme navette de la Nasa, Ron Dittemore. Trois jours après la catastrophe, l'enquête se concentre désormais sur un curieux incident qui constitue la première pièce du puzzle.

Le 16 janvier dernier, 80 secondes après le décollage de Columbia, une pièce de "mousse isolante" très dense s'est détachée du réservoir externe central, situé sous le ventre de la navette. Ce débris - qui pourrait aussi être de la glace - est venu frapper les tuiles du bouclier thermique sous l'aile gauche de Columbia, avant de se disloquer sous le choc. Selon les estimations des ingénieurs, cette pièce faisait 50 cm de long sur 40 cm et 15 cm d'épaisseur. Son poids a été estimé à 1,2 kg, a indiqué Ron Dittemore.

Dès qu'ils s'en sont aperçus en visionnant les images du décollage, les responsables du vol ont tenu plusieurs réunions du 20 au 27 janvier pour déterminer la nature des possibles dégâts causés. Pour cela, ils disposaient de modèles de prédiction fondés sur plusieurs précédents. Ce type d'incident était en effet "déjà arrivé par le passé", a précisé Ron Dittemore, en citant notamment les missions STS-112 (navette Atlantis en octobre dernier) et STS-50 (navette Columbia en 1992).

Dans ce dernier cas, a-t-il indiqué, "lorsque la navette est revenue sur Terre, il y avait des dégâts sous l'aile. Cela faisait plusieurs centimètres de long, 3 à 4 cm de large et à peine 2,5 cm de profondeur". Le 28 janvier, les ingénieurs remettaient leurs conclusions. Parce que l'angle d'incidence du débris était faible, l'impact n'avait certainement pas endommagé la navette au point de représenter un risque lors de sa rentrée dans l'atmosphère. Un "scénario du pire" envisageait "des tuiles manquantes sur une superficie de 18 cm par 76 cm", a dit le responsable des navettes.

Mais, a assuré Ron Dittemore, même de tels dégâts n'auraient pas été "suffisants pour causer un enchaînement catatrophique ou affecter les qualités de vol de la navette". La Nasa aurait-elle sous-estimé les dégâts ? "Nous allons reprendre tous nos calculs et voir si nous n'avons pas commis une erreur", a concédé Ron Dittemore. La seconde pièce du puzzle, c'est le léger suréchauffement constaté sur le flanc gauche de la navette, quelques minutes avant sa désintégration. Les données télémétriques - dont 32 secondes parvenues de façon fragmentaire restent à analyser - montrent des augmentations de températures à l'intérieur du compartiment du train d'atterrissage gauche et d'autres sur le fuselage, au-dessus de l'aile gauche.

Mais ces augmentations, de 8 à 15 degrés Celsius, sont relativement faibles, si l'on considère que la température extérieure sur le bord avant de l'aile est de 1.100 degrés, a dit Ron Dittemore, avouant sa perplexité. "Cela reflète donc qu'il y a eu autre chose. Nous essayons toujours de savoir quoi", a-t-il dit, avouant sa perplexité. "Si seulement nous pouvions mettre la main sur des morceaux de débris qui nous aident à dire où est l'origine du problème...

C'est le chaînon manquant que nous essayons de trouver". Le "chaînon manquant" pourraient être les premiers fragments de la navette qui seraient tombés, selon des témoins, en Californie. Mais l'espoir est mince de les retrouver: cela revient à chercher "une aiguille dans une botte de foin", a admis Ron Dittemore. "Nous avons déjà fait des progrès significatifs", s'est félicité le responsable, tout en prévenant: "L'enquête n'en est qu'à ses débuts".
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