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Vendredi 7 Février 2003 à 00:00

Le Groupe Canal +, en mal de stratégie

Le départ de Xavier Couture du Groupe Canal+, remplacé par son directeur général Bertrand Méheut, ajoute encore à la confusion qui règne depuis plusieurs mois au sein du groupe, toujours sans stratégie claire malgré sa "reprise en main" par sa maison-mère Vivendi Universal (VU).

Moins d'un an après l'éviction par Jean-Marie Messier de Pierre Lescure, son patron "historique", le Groupe Canal+ change donc une nouvelle fois de président, avec certes moins de fracas qu'en avril dernier, mais dans un contexte économique et stratégique tout aussi inquiétant. "Xavier Couture est arrivée sous les huées, il repart dans l'indifférence", observait Gérard Chollet, délégué CFDT du Groupe Canal+, alors que l'officialisation du départ de l'ancien numéro 3 de TF1, révélé samedi par Le Monde, avait été retardée en raison des négociations sur le montant des indemnités, selon des sources proches du dossier.

"Depuis plusieurs semaines, on sentait clairement une dissonance entre les deux têtes de la direction", déclare un dirigeant du groupe. "Chacun défendait son pré-carré tout en essayant de marcher sur celui du voisin. Mais le Groupe Canal+, dans l'état où il est, ne peut pas se permettre d'avoir deux patrons". De fait, l'état de la filiale de VU n'est guère florissant. Jean-René Fourtou, PDG de VU, a commencé à faire le ménage à son arrivée en dessinant un Groupe Canal+ recentré sur la France et ses actifs "sains", mais force est de constater que le groupe n'est toujours pas en ordre de marche. "La valse des dirigeants continue mais la seule annonce que les salariés attendent, et depuis longtemps, c'est celle de la stratégie et du développement de leur groupe, sachant que c'est de cela que dépendra un éventuel plan social", ajoutait M. Chollet.

Le seul combat "stratégique" qu'avait mené Xavier Couture depuis son arrivée -- outre celui d'apprivoiser, avec un certain succès d'ailleurs, des salariés on ne peut plus méfiants à l'égard d'un homme venu de TF1-- était celui des droits du football. M. Couture voulait en décrocher l'exclusivité totale pour redonner des couleurs à sa chaîne, mais le carton rouge du Conseil de la concurrence, qui a suspendu l'attribution des droits à Canal+, a sonné comme un désaveu cinglant. Pour le reste, les projets de M. Couture restaient assez flous. La vente des actifs internationaux, annoncée comme prioritaire, n'a guère avancé, l'exemple le plus criant étant l'interminable feuilleton de la cession toujours inaboutie de Telepiu pour 920 millions d'euros, un prix bien inférieur à celui escompté au départ (environ 1,5 md EUR).

Il reste des actifs en Pologne, dans les pays nordiques, au Benelux et en Espagne, la plupart déficitaires, et le groupe a encore bien d'autres filiales dont il voudrait se débarrasser (le réseau câblé NCNuméricâble, le club du PSG ou la filiale de production audiovisuelle Expand) sans y parvenir. Même le périmètre français du groupe (principalement la chaîne Canal+, le bouquet CanalSatellite, le studio de cinéma StudioCanal et l'éditeur de chaînes thématiques Multithématiques) n'est pas très reluisant.

Si CanalSatellite gagne de l'argent, la chaîne cryptée a encore perdu 70.000 abonnés en 2002 (autant qu'en 2001) et bien que largement bénéficiaire, son modèle économique et éditorial --avec des programmes de rentrée en clair aux résultats d'audience catastrophiques-- montre des signes d'essoufflement.
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