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Samedi 22 Février 2003 à 00:00

Le départ de Farrugia scelle la reprise en main par Vivendi

Avec la démission de Dominique Farrugia de ses fonctions de PDG de Canal+ SA, dix mois seulement après son arrivée dans le fauteuil de Pierre Lescure, Vivendi Universal scelle sa reprise en main de la chaîne cryptée.

Signe manifeste de cette volonté, Bertrand Méheut, fidèle de Jean-René Fourtou, le PDG de Vivendi Universal, cumule désormais les fonctions de PDG du groupe Canal+ et de la chaîne. Doté d'un CV nettement moins glamour que celui de l'ex-Nul, cet ingénieur civil des Mines a fait l'essentiel de sa carrière au sein du groupe agro-chimique Rhône-Poulenc, devenu Aventis après sa fusion avec le groupe allemand Hoechst. Il s'y est forgé une réputation de pragmatique rigoureux.

Dominique Farrugia s'en va par la petite porte sans quitter tout à fait le groupe puisqu'il reste conseiller de son successeur sur les contenus cinéma et télévision, et administrateur de Canal+ SA. L'éviction de Pierre Lescure avait provoqué des hurlements de la part des salariés, alors que le départ de Dominique Farrugia, certes attendu depuis que Bertrand Méheut avait été nommé PDG du groupe Canal+ le 6 février, s'est déroulé dans une relative indifférence. "Dans la tête des gens, il n'y a plus que le plan social, le reste, le jeu de chaises musicales à la tête de la chaîne, ne leur fait plus grand-chose, ils sont blindés", a commenté un salarié.

Ce plan social, précise-t-on de source syndicale, devrait être annoncé dans la semaine du 10 mars et concernerait de 300 à 800 personnes. Jean-Marie Messier, encore au faîte de sa gloire, avait nommé le saltimbanque Farrugia à la tête de la chaîne pour rassurer les salariés, tablant sur son image de garant de "l'esprit Canal". Pour ses détracteurs, l'ex-Nul paie aujourd'hui les pots cassés de l'échec de la programmation en clair. Après avoir mis fin en novembre pour cause d'audience insuffisante à l'"Hypershow" de Frédéric Beigbeder, qui n'a survécu qu'un petit trimestre à l'antenne, Dominique Farrugia a décidé de donner sa chance à Maurad. Peine perdue.

Si Maurad a fait décoller l'audience de NRJ avec son émission de libre antenne "Accord parental indispensable", la recette a fait un flop sur Canal+ où le rideau tombera le 28 février sur "Maurad contre le reste du monde". Les partisans de Dominique Farrugia retiendront le succès relatif de "60 jours, 60 nuits", l'émission de Joey Starr et Francis Lalanne, diffusée quotidiennement de 20h10 à 20h30 en semaine. Ils mettront également à son actif la réorganisation de la grille, désormais plus lisible.

L'intéressé assure que d'autres considérations, beaucoup plus stratégiques, sont entrées en ligne de compte dans sa décision de quitter la tête de Canal+, à commencer par les négociations sur l'exploitation du catalogue de films de la Warner et les droits du football. Dans ces bras de fer industriels et juridiques, le groupe Canal+ devait parler "d'une seule voix", explique-t-il.

Sa présidence de la chaîne, plaide encore Dominique Farrugia, ne peut être réduite à l'échec de telle ou telle émission. "Juger mon travail sur une demi-heure de programme, c'est un peu facile", souligne-t-il dans une allusion à Maurad.
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