Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
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Samedi 1 Mars 2003 à 00:00

La télé via la ligne téléphonique

Après la télévision hertzienne, le câble, le satellite et la future télévision numérique terrestre (TNT), un nouveau moyen de diffusion pointe à l'horizon: l'ADSL, autrement dit la télévision via la ligne téléphonique, défendu d'abord par TF1.

Patrick Le Lay, le patron de la Une, a annoncé mardi son avènement pour la fin 2003: "On est sûr que d'ici à la fin de l'année, c'est un produit qui peut être mis sur le marché". L'ADSL permettrait à TF1 de contrer la TNT et d'imposer son bouquet, TPS, et ses chaînes thématiques (LCI, Eurosport...) dans les villes où le câble ne décolle pas. La chaîne teste cette technologie dans le 15e arrondissement de Paris et à Boulogne-Billancourt auprès de 200 de ses salariés, sous le nom de "Dream TV".

Exploitant les ressources longtemps insoupçonnées des lignes téléphoniques, l'ADSL est déjà utilisé pour l'internet haut débit. Il peut être étendu sans grands aménagements techniques à la diffusion de programmes de télévision et se présente alors comme un super-réseau câblé. Via un modem et un décodeur branchés sur la prise du téléphone, il permet de recevoir des centaines de programmes de télévision. A la mi-février, les ministres des Finances, Francis Mer, et de l'Industrie, Nicole Fontaine, ont donné un coup de pouce à cette technologie en réunissant autour d'eux les patrons de TF1, France Télécom, Thomson, Sagem, Thalès et Alcatel.

"Ces leaders mondiaux sont français et pourraient devenir de formidables moteurs des exportations si l'ADSL est déployé rapidement", fait-on valoir à Bercy. Le risque: brouiller les cartes puisque le gouvernement soutien aussi le déploiement de la TNT, qui doit permettre de recevoir une trentaine de chaînes sur une installation télévisuelle classique, via l'antenne "râteau". "Ce sont des projets parallèles mais complémentaires", assure-t-on à Bercy, soulignant que "la force de la TNT, ce sont les chaînes gratuites alors que, sur l'ADSL, il faudra bien payer ses connections".

Pour TF1, l'ADSL serait tous bénéfices. Patrick Le Lay ne manque jamais une occasion de pourfendre la TNT, un "projet marxiste" selon lui puisque "les chaînes du numérique terrestre ne sont pas choisies par le public mais par les +fonctionnaires+ du Conseil supérieur de l'audiovisuel" (CSA). Il a de nouveau estimé mardi que l'ADSL rangeait la TNT "au magasin des accessoires". Exit donc, selon lui, la TNT et vive l'ADSL, complément idéal du bouquet satellitaire TPS, détenu par TF1 (66%) et M6 (34%). Comme son concurrent CanalSatellite (Vivendi Universal), il peine à s'implanter dans les villes car il est difficile de poser une parabole sur un immeuble collectif. Il y aurait ainsi le TPS des villes avec l'ADSL et le TPS des champs avec le satellite.

La Une n'est pas la seule à s'intéresser à ces développements. Son concurrent public, France Télévisions (France 2, France 3 et France 5), participe à l'expérience de "Dream TV" et doit s'associer à une expérimentation de vidéo à la demande que conduira France Télécom d'ici à la fin 2003 dans la région de Lyon. "Nous avons constitué un groupe de travail sur l'ADSL", a précisé à l'AFP le directeur général délégué de France Télévisions, Ghislain Achard. L'une des pistes serait de diffuser ainsi les journaux régionaux de France 3 dans toute la France.

Quant au CSA, il entend aussi être de la partie. Les députés doivent examiner cette semaine un amendement à la loi sur l'audiovisuel qui étendrait les compétences de l'instance à la régulation des chaînes de télévision, quels que soient leurs supports de diffusion.
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