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Jeudi 6 Mars 2003 à 00:00

Bertelsmann renforce son influence sur le groupe RTL

En désignant Gerhard Zeiler à la tête de RTL Group, le géant allemand des médias Bertelsmann a encore renforcé son assise sur le leader de la télévision en Europe, au risque d'exacerber les tensions avec son partenaire Albert Frère.

L'actuel dirigeant de RTL Allemagne, Gerhard Zeiler, a été nommé patron du groupe européen, actionnaire notamment de la chaîne française M6 et de la radio RTL. Cet Autrichien de 47 ans remplace le Belge Didier Bellens qui avait abandonné son poste la semaine dernière pour prendre la tête de l'opérateur belge de télécommunications Belgacom. Cette annonce avait suscité l'étonnement dans la mesure où l'opérateur est une société beaucoup moins prestigieuse que RTL Group, ses 23 chaînes de télévision et 22 stations de radio en Europe.

Certains observateurs avaient alors mis en avant les frictions entre M. Bellens et le principal actionnaire de RTL Group, Bertelsmann, soupçonné de contrôler de trop près les activités de sa filiale basée au Luxembourg. En isolant M. Bellens, le groupe allemand, qui contrôle 90,2% de RTL, l'aurait ainsi indirectement poussé vers la porte de sortie, selon certains experts. Sans l'affirmer officiellement, Bertelsmann n'avait pas vraiment fait mystère du fait qu'il entendait recruter en interne un successeur à M. Bellens et placer ainsi l'un de ses hommes.

Le grand favori semblait au départ être l'actuel patron de BMG, filiale d'édition musicale de Bertelsmann, Rolf Schmidt-Holtz. Considéré comme l'un des proches de la famille dirigeante de Bertelsmann, les Mohn, M. Schmidt-Holtz a finalement décliné l'invitation, préférant continuer à se consacrer au redressement de BMG. Le départ de M. Bellens risque en tous cas de sonner le glas de l'influence du financier belge Albert Frère au sein de Bertelsmann.

"C'est Frère qui a fait comprendre à Bellens que cela n'avait pas de sens de rester plus longtemps", ont expliqué des sources luxembourgeoises au quotidien économique Handelsblatt. Car derrière le changement de direction chez RTL Group se profilent les complexes et délicates relations entre Bertelsmann et la holding financière d'Albert Frère, Groupe Bruxelles Lambert (GBL). Officiellement, elles sont "amicales et bonnes", selon le patron de Bertelsmann, Gunter Thielen. Officieusement, elles semblent s'être nettement dégradées depuis la reprise en main l'an dernier de Bertelsmann par les Mohn, qui se passeraient bien de ce partenaire encombrant.

Les deux groupes sont liés depuis que l'allemand s'est emparé en février 2001 de RTL Group. A l'époque Albert Frère et son associé canadien Paul Desmarais avaient signé avec l'ancien patron de Bertelsmann, Thomas Middelhoff, un accord prévoyant la cession des 30% que les deux hommes détenaient dans RTL Group contre une participation de 25,1% dans le capital de Bertelsmann. GBL a la possibilité de placer en bourse ses 25,1% (dont 0,1% sont sans droits de vote ce qui lui ôte la minorité de blocage) à partir de 2005 mais en retour, le groupe allemand a aussi la possibilité de lui racheter le paquet.

Albert Frère est bien décidé à introduire sa part en bourse dans deux ans. Mais la famille Mohn, qui a évincé Thomas Middelhoff l'an dernier, voit cette perspective d'un très mauvais oeil. Elle a d'ores et déjà fait savoir qu'elle ne céderait pas une seule de ses actions, ce qui rend les parts de M. Frère peu attractives pour les marchés financiers. Au final, Albert Frère pourrait donc être contraint de revendre ses 25,1% aux Mohn qui récupéreraient ainsi les pleins pouvoirs dans leur groupe.
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