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Dimanche 9 Mars 2003 à 00:00

Googlez-vous les uns les autres

Aux Etats-Unis on utilise le moteur de recherche sur internet Google pour se renseigner les uns sur les autres au point que cela a donné naissance à un nouveau verbe: googler.

Parmi les 150 millions de questions auxquelles le plus puissant logiciel de recherche actuel répond chaque jour, nombreuses sont celles qui émanent de particuliers cherchant à se renseigner sur d'autres particuliers, à des fins tout ce qu'il y a de privées. "Quand je cherchais un co-locataire pour mon appart, j'ai googlé tous les candidats", avoue Isabelle, jeune journaliste française vivant à Manhattan, qui préfère ne dévoiler que son prénom. "Le gars qui te dit: je bosse pour telle boite.

Boum, tu le googles, pour t'assurer que c'est vrai. Du coup tu peux vérifier quel est exactement son titre, s'il n'a pas enjolivé". L'internet a pénétré tous les secteurs de la société américaine au point que des renseignements biographiques, des travaux, des articles, parfois des messages électroniques autrefois difficiles ou impossible à trouver sont en accès libre, à quelques clics de souris. "Le candidat que j'ai choisi, Ali, je l'avais bien sûr googlé: j'avais trouvé qu'il avait eu un PV pour excès de vitesse dans le Connecticut", s'amuse Isabelle.

"Je l'ai fait marcher quand il est arrivé. C'est parce qu'il avait fait un petit papier là-dessus dans son canard étudiant. Je ne pense pas que maintenant qu'il est avocat dans une grande firme du bas de la ville, cela l'arrange que quand tu tapes son nom tu tombes sur son histoire de PV dans le Connecticut!" La mise en ligne de toujours plus de documents, par tous les acteurs de la vie sociale américaine dont la justice dans certains Etats, conjuguée à l'efficacité de Google fait qu'il est de plus en plus facile de connaître le CV, la carrière, les goûts, les hobbys ou les condamnations d'un parfait inconnu. "Au début seules les personnes célèbres apparaissaient sur Google", explique David Holtzman, rédacteur en chef de GlobalPOV, un site internet consacré aux questions de vie privée.

"Maintenant, quiconque utilise un ordinateur apparaîtra quelque part dans Google". "Les implications sont immenses: il faut maintenant supposer qu'à partir du moment où quelque chose a pris forme électronique, c'est à jamais. Et la nature du web fait que cela ne peut être règlementé". La presse américaine se fait régulièrement l'écho des mésaventures de certains candidats à des emplois qui comprennent vite que leur condamnation mineure des années auparavant leur cause un tort considérable, et pour longtemps.

D'autres regretteront longtemps d'avoir mis en ligne, pensant que cela amuserait leurs amis, des photos compromettantes, des professions de foi arnarchistes, des nouvelles érotiques ou des blagues de potaches. Jonathan Zittrain, co-directeur du Centre pour l'Internet et la Société de Harvard, fait remonter à deux ou trois ans la naissance du verbe "googler". "Désormais", explique-t-il, "vous devez supposer que votre employeur, vos amis sont en mesure d'apprendre sur vous des choses que vous pensiez pouvoir garder privées (...) Les gens peuvent moins choisir comment se présenter aux autres, car les autres peuvent collecter bien des choses grâce au phénomène que constitue la migration vers l'internet public de tellement d'informations que Google saura trier".

Sophie, 32 ans, qui elle aussi préfère ne dévoiler que son prénom, assure "googler" tous les noms de ses amoureux potentiels, rencontrés grâce à des sites de rencontres, avant un rendez-vous. "Tout le monde le fait. L'autre jour, dans une soirée, nous parlions de comment faire pour rencontrer des garçons bien...Une amie m'a dit: +Je regarde toujours sur Google+.

Autour de la table, tout le monde a dit: +Oui, c'est évident+". "Quand dans un dîner un gars a l'air pas mal, plutôt que de lui poser trop de questions, je me renseigne discrètement en ligne. Si c'est un fan de baseball ou un républicain, je ne vais pas plus loin".
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