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Jeudi 13 Mars 2003 à 00:00

L'annonce du "plan social" à Canal

Dans une ambiance grave et résignée, une partie du personnel de Canal+, massé à la mi-journée devant le siège du groupe à Paris a écouté en silence les élus du Comité d'entreprise détailler le plan social (305 suppressions de postes et 138 externalisations) qui va être mis en place.

Les délégués sortaient tout juste du comité d'entreprise extraordinaire convoqué par Bertrand Meheut, président du directoire. "Gâchis" était le mot qui revenait le plus souvent dans l'assistance, dans laquelle on reconnaissait, au milieu de quelques banderoles syndicales, Daphné Roulier, frissonnante sous les bourrasques de vent, ou Paul Moreira, directeur adjoint de la rédaction de Canal+, "C'est trop. Cela représente un sixième de l'effectif du groupe Canal", déclarait au mégaphone Gérard Chollet, secrétaire du CE et délégué CFDT, qui annonçait de futures "contre-propositions économiques" à la direction.

Il s'agit d'une "stratégie de redressement et pas de développement", estimait un autre salarié de Canal. En chemise, Bruno Gaccio, auteur "historique" des Guignols, ne galéjeait pas : "Cela ne sert à rien. Moi je veux bien qu'on dise, on était une entreprise mondiale et on va devenir une entreprise française et du coup on a besoin de moins de gens. Ce que je ne peux pas comprendre, c'est qu'on me dise on va réduire les coûts et c'est tout". Selon lui, "tout est global. Comme ils ne nous disent jamais ce qu'ils veulent faire, tout plan social nous parait un peu ubuesque. Par exemple pour le foot, imaginons qu'on n'ait pas les droits, la stratégie change.

Comment peuvent-ils nous dire aujourd'hui, on licencie tant de personnes et on va gagner de l'argent? On est dirigés par des gens sans aucune imagination (...). Dans un an, on nous dira qu'il faut enregistrer les Guignols et on se battra contre". Interrogé à propos des rumeurs de vente de l'immeuble-paquebot du quai André Citroën et d'un éventuel déménagement à Issy-les-Moulineaux, Bruno Gaccio a estimé que "vendre l'immeuble, serait se couper d'un symbole. Si on coupe tous les symboles de Canal, on peut le vendre très facilement".

Pour Benoît Delépine, autre "historique" des Guignols, il s'agit d'une "décision de looser merdique et de petit vieux frileux qui veulent faire remonter le cours de l'action". "Pour que les 400 personnes restent à leur poste, on pourrait trouver des idées pour de nouvelles émissions et les vendre à l'extérieur, vu le peu d'idées des producteurs indépendants. Cela serait une stratégie dynamique", a-t-il dit. A l'annonce de certains chiffres, des exclamations fusaient.

Certains notaient "des différences de traitement considérables" entre les services. StudioCanal devrait perdre 35 emplois. Un peu à l'écart, cachant sa tristesse derrière des lunettes noires, Sophie Debieu, directeur adjoint de StudioCanal Images (archives et documentation), constatait: "On est la structure la plus touchée. Il y a 14 suppressions de postes sur 18 CDI. On est en train d'enterrer mon bébé ..."
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