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Mardi 18 Mars 2003 à 00:00

IRAK: eviter les erreurs de 91.

Les radios et télévisions françaises se sont préparées à couvrir la guerre en Irak, avec le souci de ne pas reproduire les erreurs et les excès de la guerre du Golfe en 1991.

On leur avait alors reproché de jouer le rôle de porte-parole de l'armée américaine, tombant dans le panneau de "la guerre propre" ou des "frappes chirurgicales". "En 1991, même si nous avions eu 150 équipes par rédaction, nous n'aurions pas pu tourner grand chose", souligne Hervé Brusini, directeur de la rédaction nationale de France 3. Tous se disent dépendants des visas, parlent d'envoyés spéciaux à Bagdad, dans les pays limitrophes de l'Irak et de renforcement des équipes existantes en Israël et aux Etats-Unis.

"Il faudra concevoir l'information comme un tout, avec un accompagnement puissant à Paris en termes de cartographie, d'infographie, d'éclairages, de décryptages, qui vont être tout aussi fondamentaux que le terrain, qui risque encore une fois d'être extrêmement difficile d'accès", souligne M. Brusini. "Informer sur les conditions du reportage, c'est presque aussi important en temps de guerre que donner les informations précises qu'on a pu recueillir, et c'est la meilleure façon de montrer aux gens qu'on a aperçu une circonstance de la guerre et non pas la guerre", indique M. Brusini.

"Quand on donne une information, on dit de quelle source elle vient, si on l'a vérifiée ou pas", renchérit Pierre-Marie Christin, directeur de la rédaction de RTL. "On va sans doute moins recourir aux experts, on n'aura pas d'ex-général qui nous fera la guerre en chambre". RTL a un partenariat avec Le Monde pour bénéficier des analyses d'Edwy Plenel, directeur des rédactions, ou d'Alain Frachon, rédacteur en chef, tandis que les envoyés spéciaux du quotidien pourront intervenir à l'antenne.

"Nous ne mettrons à l'antenne que des images dont on peut dire qu'elles ont été tournées par nos équipes, dans quelles conditions, éventuellement accompagnées par des services de sécurité. Si on devait mettre des images tournées par d'autres que nous, nous l'indiquerions", affirme Robert Namias, directeur de l'information de TF1. "On a tiré toutes les leçons de la guerre du Golfe, où on n'avait pas assez conceptualisé l'image", indique Etienne Mougeotte, vice-président de TF1. "On risque de se retrouver avec une fourniture d'images assez unilatérale. Il faut donner du sens".

Olivier Mazerolle, directeur général délégué chargé de l'information de France 2, estime qu'il peut être utile d'avoir des techniciens de la guerre pour expliquer ce qui se passe sur le terrain. "Mais la guerre c'est surtout une posture politique, et sociale, c'est un tremblement de terre dans les relations humaines et c'est ça qu'il faut traiter". "Casser la grille, je peux le décider dans trois minutes", indique Jérôme Bellay, patron d'Europe 1, qui s'inquiète surtout du contenu : "ne pas tenir l'antenne pour ne rien dire, ne pas tourner en rond, ne pas commencer à faire la guerre avant la guerre".

La sécurité des journalistes est également un souci majeur, comme le dit Jérôme Bouvier, directeur de la rédaction en français de RFI : "Aucun reportage ne vaut la sécurité d'un journaliste". L'internet est l'une des grandes différences par rapport à la guerre du Golfe, souligne Pascal Delannoy, directeur de Radio France multimédia. Radio France a ouvert un site complet sur l'Irak, qui comprend un forum qui "permettra aux antennes de Radio France de suivre les réactions des auditeurs et des internautes".

Quant à l'AFP, elle a mis en place l'un des plus gros dispositifs rédactionnels de son histoire pour assurer une couverture 24 heures sur 24 des événements. Un déploiement initial de plus de 70 envoyés spéciaux est prévu. L'AFP a des équipes de rédacteurs et photographes à Bagdad, dans toutes les régions frontalières (Turquie, Jordanie notamment), au Kurdistan irakien et sera présente dans les centres de presse mis en place par l'armée américaine au Qatar et au Koweit.
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