La téléphonie mobile de troisième génération (3G ou UMTS) n'est pas à la hauteur des attentes selon le PDG de Bouygues, Martin Bouygues, qui confirme que sa filiale Bouygues Telecom table sur la technologie EDGE pour asseoir ses offres de multimédia mobile.
"EDGE est un choix que nous avons annoncé dès 2000", a déclaré mercredi M. Bouygues, lors d'une conférence de presse de présentation des résultats annuels du groupe, jugeant qu'il avait visé juste. Bouygues Telecom lancera la norme EDGE, ou 2,5 G, au mois de mai, en direction des entreprises, puis au cours du quatrième trimestre 2005 pour les particuliers. Elle permet des débits plus élevés que la norme précédente, le GPRS, sans toutefois atteindre les débits offerts par la 3G. Selon M. Bouygues, les offres 3G de ses concurrents SFR et Orange, lancées fin 2004, sont non seulement confrontées à des difficultés techniques non résolues mais ne sont pas accueillies les bras ouverts par les clients. "Les recettes de l'UMTS restent très modestes alors qu'on pensait faire des milliards", a ironisé M. Bouygues, soulignant que les capacités de dépense des ménages ne sont pas extensibles à l'infini. "Imaginer qu'on va doubler" le revenu moyen par abonné, "c'est imaginaire", a-t-il poursuivi. Pour développer le haut débit, il faut une stratégie basée sur le client et non sur la technologie, estime-t-il en qualifiant notamment la visiophonie de "gadget". Le patron de Bouygues, qui détient 83% de Bouygues Telecom, a en outre souligné que le déploiement de l'EDGE ne lui coûterait "que" 230 millions d'euros, tandis que SFR et Orange devront investir au total 3 milliards d'euros pour déployer leurs réseaux 3G. "Nous voulons offrir un produit simple, fiable et bon marché", a répété M. Bouygues, qui ne tourne toutefois pas le dos définitivement à la 3G puisqu'il compte s'y lancer "dès que la technologie sera fiable" et surtout dès que la norme suivante, le HSDPA qui permet des débits de 1 ou 2 mégabits/seconde contre 384 kilo/s aujourd'hui, sera disponible. Soit pas avant l'horizon 2007. Car c'est "malgré tout un marché qui va se développer", a-t-il admis, malgré sa prudence. Attentisme plutôt, rétorque l'un des deux autres opérateurs français, qui parle d'"une gestion de bon père de famille": "Ils attendent de voir ce que l'on fait et si ça marche, cela les intéressera aussi". Or, le "rôle d'un challenger est normalement de doper le marché et de prendre des risques", juge cet opérateur. Au 31 décembre 2004, Bouygues comptait 16,8% des clients au téléphone mobile en France contre 47,7% à Orange - qui a aussi annoncé qu'il déployerait l'EDGE à partir du second semestre pour compléter son offre 3G - et 35,5% à SFR, selon les chiffres de l'Autorité de régulation des télécommunications (ART). Selon le responsable du service mobile à l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe (Idate), Frédéric Pujol, malgré cette "stratégie de suiveur", et des "retards dans l'innovation", le risque de perdre des clients est toutefois limité dans la mesure où la 3G démarre lentement. Un analyste de Global Equities, Laurent Balcon, juge que Bouygues Telecom "ne se trompe pas pour l'instant" en voulant maximiser ses investissements. Bouygues Telecom a aussi pris le contrepied de ses deux concurrents en refusant de signer des accords avec des opérateurs mobiles virtuels (MVNO), accords encouragés à la fois par l'ART et le ministère de l'Industrie afin de développer la concurrence. M. Bouygues y voit plutôt un "risque réel qu'on nous oblige à vendre des minutes de communications en gros à perte à un tiers qui ne fait aucun investissement".
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Vous n'êtes pas obligé de changer de poste de télévision. Il suffit de raccorder chacun des postes concernés à un adaptateur TNT (ou un décodeur dans le cas d'une souscription à une offre payante).
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