Télévisions locales et presse régionale : un mariage de raison
La presse quotidienne régionale (PQR), face à une diffusion en baisse (-10,5% en dix ans), prend pied de plus en plus dans la télévision locale, à la recherche de la manne publicitaire, "pour occuper le terrain" et défendre sa place d'informateur régional.
Une récente étude Eurostaf (Les Echos) sur la PQR estime qu'"après le multimédia, les télévisions locales constituent le deuxième axe de développement de la PQR". Longtemps embryonnaire, ce marché semble émerger. Pour le Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR), interrogé par l'AFP, il s'agit d'un "prolongement naturel de notre métier d'informateur régional", d'"un investissement pour l'avenir (...) Le maintien de l'écrit passe par l'écran. Les plus réticents sont montés dans le train, ce qui n'était pas le cas il y a quatre-cinq ans". "Cela coûte très cher et, actuellement, c'est un investissement sur lequel on n'a pas de retour", explique toutefois le directeur du SPQR, Bruno Hocquart de Turtot. Les chaînes locales, constate le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), "enregistrent pour la plupart des pertes annuelles de 1,2 à 2,5 millions d'euros en moyenne", mais "la publicité pour la grande distribution, autorisée depuis début 2004 sur les chaînes locales, favorise cependant l'arrivée de nouveaux annonceurs". Le SPQR se félicite que le CSA soit favorable au développement des télévisions locales, mais souligne qu'"il faut aller jusqu'au bout de la démarche, car celle-ci ne trouvera son équilibre économique qu'à terme et si l'on crée au moins une quinzaine de télés locales". Un GIE Télévision Presse Régions, créé en 1999, fédère 18 quotidiens régionaux dont certains déjà opérateurs de télé locale, pour qui "il est stratégique de s'engager dans la télévision locale", explique son président Olivier Faguer, directeur général de Sud Ouest, président de TV7. Pour lui, les télévisions locales en fonctionnement (Télé Lyon Métropole, TV7 Bordeaux, TV8 Mont-Blanc...) "ont rencontré leur public et répondu à l'attente des populations des grandes métropoles régionales qui, même si elles ont des quotidiens bien faits, veulent des images de ce qui se passe près de chez eux". Si les télévisions locales se développent, "il vaut mieux qu'elles soient en liaison avec les groupes de presse en région plutôt que contre eux", estime-t-il, en soulignant la "cohérence stratégique" entre les deux médias fondée sur "leurs deux savoir-faire : collecte et traitement de l'information locale et collecte de la publicité locale". Se disant "confiant" dans les chances des groupes de presse régionaux d'obtenir des canaux à l'occasion du déploiement de la télévision numérique terrestre (TNT), M. Faguer pense que cela permettra d'avoir une syndication, un réseau publicitaire de télévisions locales regroupant une vingtaine de télés et couvrant plus de 10 millions d'habitants. Un niveau minimum requis par les analystes publicitaires, notamment Carat, pour déclencher une vague de campagne publicitaire. Pour M. Faguer, cela devrait "permettre de quasiment doubler les recettes des télés locales. Quand cette syndication publicitaire sera en place, on considère que les chiffres d'affaires de chaque télévision viendront pour moitié du marché local et de cette syndication nationale". cp/jpa/cv/sp
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