Les débris spatiaux, haut risque pour les satellites géostationnaires
Les débris spatiaux représentent un danger important pour satellites ou vaisseaux habités, au point qu'agences spatiales et industriels cherchent à se doter de moyens pour éviter que l'espace ne devienne une poubelle à haut risque.
Lors d'un atelier européen de réflexion sur l'élimination des satellites géostationnaires à la fin de leur mission tenu mercredi à Paris, les experts ont examiné comment "faire en sorte que les débris n'augmentent pas" dans la zone où ils évoluent, a déclaré à la presse David Assemat, directeur adjoint du Centre spatial du Centre national d'études spatiales (Cnes). Le problème des objets situés à l'altitude de 36.000 km - celle des satellites géostationnaires -, c'est qu'ils "y restent éternellement", a rappelé le responsable "débris spatiaux" au Cnes, M. Fernand Alby. A l'heure actuelle, il y a dans cette zone 1.124 objets répertoriés, dont seulement 346 satellites en activité (télécommunications, observation de la Terre...).
Les autres (778) sont des satellites désactivés ou des morceaux de lanceurs. Il existe un Code de conduite européen sur les débris spatiaux, qui complète les principes discutés dans le cadre de l'IADC (Inter Agency Space Debris Coordination Committee) et aux Nations unies (Comité des Utilisations Pacifiques de l'Espace Extra-Atmosphérique). Le principe est qu'un opérateur doit, en fin de vie d'un satellite géostationnaire, allumer ses moteurs pour le propulser 300 km plus haut, sur une orbite "cimetière". Mais, il s'agit "seulement de recommandations. Il n'y a pas de mécanisme qui oblige à le faire", a souligné M. Darty. En fait, au cours des huit dernières années, pour ce type de satellites, un tiers des opérateurs ont appliqué correctement les directives, un tiers partiellement et un tiers n'a rien fait, augmentant ainsi le danger de collision.
L'espace est en effet une zone à risque, avec une population de débris gravitant autour de la Terre estimée à quelque 9.600 objets de plus de 10 cm, 200.000 objets entre 1 et 10 cm, et plusieurs dizaines de millions d'objets inférieurs au centimètre. Ils peuvent aller du fragment d'écaille de peinture jusqu'aux derniers étages de lanceurs. Ces débris commencent à être vraiment dangereux à une taille de un centimètre de diamètre, mais un objet d'un millimètre peut perforer une épaisseur de 4 cm d'aluminium. Un blindage peut offrir une protection, comme sur la Station spatiale internationale (ISS), sur tous les véhicules transportant des hommes ou sur certaines parties vitales de satellites ou de sondes. Les vrais accidents sont rares.
En 1996, le satellite d'observation militaire français Cerise a été endommagé par un élément de fusée Ariane, plus récemment deux objets russes sont entrés en collision et, en 2005, un étage supérieur de lanceur américain a heurté un débris chinois. Mais les engins spatiaux sont très souvent touchés par des petits objets. Un trou de plus d'un centimètre de diamètre a été observé en 1993 sur une antenne du télescope spatial Hubble. L'agence spatiale américaine (Nasa) a dû remplacer une centaine de fois des vitres de navettes spatiales victimes de micro-débris et vérifie trois fois par jour si un gros débris ne menace pas l'ISS.
Les enjeux économiques et humains des débris spatiaux sont donc importants et les opérateurs de satellites se penchent sur les solutions qui permettront à l'avenir de les limiter, comme de forcer la rentrée rapide dans l'atmosphère des lanceurs, d'équiper les satellites pour qu'ils puissent se désorbiter ou de créer des zones de rebut.
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