Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Samedi 12 Juillet 2008 à 00:00

A partir de 2010, des satellites plus légers et agiles observeront la Terre

Lancés en 2010 et 2011, les satellites Pléiades fourniront des images de haute résolution de la Terre utiles aux cartographes, au suivi des inondations et des incendies, ainsi qu'au renseignement militaire.

Fin juillet, Thalès Alenia Space (TAS) qui fabrique à Cannes les deux instruments optiques, doit en livrer le premier exemplaire à EADS Astrium, qui l'intégrera sur un satellite à Toulouse, avant l'acheminement à Kourou en Guyane française, où il sera placé en orbite début 2010 par un lanceur russe Soyouz. Les Pléiades ne pèsent que 900 kgs et prennent des photos à près de 700 km d'altitude avec une résolution de 0,7 mètre, contre 2,5 mètres pour le satellite de la génération précédente, Spot 5, qui pèse 3.000 kgs.

Grâce à leurs actionneurs gyroscopiques qui leur permettent de basculer de 60 degrés en moins de 25 secondes, temps de stabilisation compris pour pouvoir prendre un cliché bien net, les satellites Pléiades ont une grande agilité. "Même s'il y a une inondation dans les pays de la Loire, un volcan en Auvergne et un incendie dans le sud de la France en même temps, on pourra tout observer", a expliqué Jean Dauphin, directeur France de la division Observation de la Terre chez Astrium, lors d'une présentation à la presse sur le site de TAS à Cannes.

Comme celle des satellites Spot, l'orbite des Pléiades, à un peu moins de 700 km d'altitude, est héliosynchrone, ce qui veut dire qu'elle est en angle constant par rapport au Soleil. Cette caractéristique rend les clichés pour un point donné du globe comparables en terme d'éclairage. Les Pléiades, dont le nom est emprunté aux sept filles du titan grec Atlas, seront capables de prendre 450 clichés par jour, d'une surface au sol de 20 km sur 20 km, ce qui donne une capacité cumulée de couverture de 2.500.000 km2 par an (soit près de 5 fois la surface de la France).

En basculant sur leur axe, ils peuvent photographier une même parcelle sous deux angles différents (images stéréo), voire trois angles différents (tri-stéréo), ce qui est notamment utile pour les reliefs dans les villes (immeubles). Avec leur résolution plus haute mais une moindre surface de couverture, les Pléiades sont complémentaire avec les Spot, selon les responsables du programme.

Les armées française, espagnole et italienne seront servies en priorité, mais n'auront droit qu'à 3% des clichés, le reste étant diffusé par la société Spot Images, pour moitié dans le cadre de ses missions de service public et pour moitié à travers des contrats commerciaux. Outre le spectre visible, l'instrument optique développé par TAS photographie le proche infrarouge, qui permet de distinguer mieux la végétation à cette échelle.

Le programme Pléiades, d'un coût de 560 millions d'euros dont 80 millions pour les deux lancements, est réalisé pour le compte du Centre national d'études spatiales (Cnes) dans le cadre du programme franco-italien civil et militaire d'observation de la Terre Orfeo, lancé en 2003. L'Agence spatiale italienne (ASI), chargée de la partie radars, qui sont embarqués sur les satellites Cosmo-Skymed, a déjà placé en orbite deux instruments sur quatre.

La partie française du programme a de son côté pris 18 mois de retard parce qu'il a fallu refabriquer un jeu de filtres qui s'était décollé, a expliqué Bruno Bailly, chef du projet Pléiades chez TAS.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›