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Samedi 21 Novembre 2009 à 00:00

Le web-doc, un renouvellement du genre documentaire

Le web-documentaire, qui marie images, son, textes et photos, s'installe sur la Toile où il séduit l'internaute par son côté interactif et ludique renouvelant le genre. Pour la première fois, le Festival européen des 4 Ecrans, qui s'achève vendredi, doit récompenser les meilleurs web-films. Sur les douze oeuvres conçues spécifiquement pour internet, neuf sont des web-documentaires. Si le web-doc est une nouvelle forme d'écriture multimédia, il reste le fruit d'une enquête journalistique avec une équipe chargée de la mise en forme. Devant son écran, l'internaute est invité à cheminer à sa guise et peut même en devenir le héros. Exemple: pour le web-doc intitulé "L'obésité n'est pas une fatalité" de Samuel Bollendorff, présenté au Festival et réalisé pour France 5, l'internaute se transforme en journaliste et choisit les questions à poser lors des interviews. "Ce qui est intéressant dans le web-doc, ce n'est pas que l'interactivité mais le fait de pouvoir raconter une histoire en se servant à la fois de l'écrit, de l'image, du son, de la photo", relève Hervé Chabalier, patron de l'agence Capa. "C'est pour ça que les nouvelles technologies ne sont pas porteuses que de progrès techniques, elles enclenchent une nouvelle manière de créer", insiste-t-il.
A l'origine de ce nouveau genre, le photojournalisme. "Ce sont les photojournalistes qui ont poussé le web-doc: photo et texte vont bien ensemble depuis longtemps. Avec le web, la possibilité de raconter des histoires en rajoutant plus de photos est devenue naturelle", note Claire Leproust, directeur du développement numérique de Capa. Les premiers web-doc sont l'oeuvre de sociétés indépendantes, comme l'agence Upian, pionnière dans ce domaine, qui a produit "La cité des mortes" sur la disparition des femmes à Ciudad Juarez au Mexique. Côté télévision, Arte, la chaîne culturelle franco-allemande, a été précurseur en participant avec Upian au projet "Gaza/Sderot", où l'on suit la vie d'une dizaine de personnes des deux côtés de la frontière, en Palestine et en Israël. Canal+, France Télévisions ont suivi. Le modèle économique du web-doc est encore en gestation. "Mais quand il y a une telle demande, le marché se forme", estime Hervé Chabalier. Les projets sont actuellement financés par les diffuseurs et le Centre national de la Cinématographie (CNC) qui a créé en 2007 une commission "nouveaux médias".
Le CNC a ainsi soutenu 87 projets (tous genres confondus) pour un montant de 3,5 millions d'euros. Depuis septembre 2008, près de 40 projets spécifiquement dédiés à internet ont été aidés dont les deux tiers sont des documentaires. Le pôle France 5 du groupe France Télévisions mise lui aussi sur le succès des web-docs. Il lance la production d'une série de 24 web-docs, intitulé "Portraits d'un nouveau monde" en co-production avec Narrative. Quatre épisodes seront ainsi mis en ligne tous les deux mois. "Consacrée aux bouleversements écologiques et socio-économiques qui déterminent le destin du XXIe siècle", cette initiative serait, selon France 5 "une première en Europe". Même s'il est très récent, le web-doc commence à rencontrer son public. Financé par Canal+ et le CNC, le web-doc sur les coulisses de la série Braquo a enregistré plus d'un million et demi de visionnages. Pendant un an, un jeune réalisateur a suivi toute la préparation de la fiction depuis le casting jusqu'au tournage en passant par la formation des acteurs.
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