Rédaction
10 mars 2001

Des débris, d'une taille comparable à celle d'une voiture, doivent s'abîmer dans l'Océan Pacifique sud, lors de la destruction de la station spatiale russe Mir entre le 10 et le 15 mars, selon les prévisions des experts. Une demi douzaine de gros morceaux de la station spatiale, vieille de 14 ans, devraient tomber dans cette partie du monde après une dernière orbite passant au dessus du Japon, du nord-est de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande qui s'achèvera dans ce qu'on a baptisé le cimetière des engins spatiaux. Sauf complication -ce qui constitue une éventualité selon les experts- les débris ne devraient pas chuter à moins de 5.000 kilomètres des côtes Est de l'Australie. Les autorités australiennes ont envisagé de multiples plans d'urgence au cas où la destruction de la station Mir ne se déroulerait pas comme prévu, toutefois elles disposeront d'une heure seulement pour réagir. David Templeman, directeur des services d'urgence du gouvernement australien (EMA), a indiqué être confiant dans le bon déroulement des opérations, ajoutant que ses services "n'étaient pas inquiets". "Nous avons un haut degré de confiance dans la procédure de destruction de Mir. Mais nous devons tout prévoir, comme nous l'avions fait lors du passage à l'an 2000", a-t-il déclaré à la presse. Les responsables de l'agence spatiale russe vont essayer de contrôler la descente de Mir jusqu'au dernier moment. David Templeman a affirmé que la communauté spatiale internationale, y compris la NASA, n'avait aucun doute sur leur compétence. Toutefois, le comportement de la station Mir, une fois dans l'atmosphère, risque de devenir imprévisible. La plupart des pièces de l'engin devraient se consumer dans l'atmosphère, mais certaines d'entre elles, devraient avoir la taille d'une petite voiture et peser jusqu'à 700 kilos. "En raison de l'imprévisibilité du comportement de Mir une fois dans l'atmosphère, il est prudent de mettre en place des mesures d'urgence appropriées, en vue d'un problème éventuel", a déclaré David Templeton. L'Australie voudrait disposer d'un agent de liaison au centre de contrôle de la station Mir afin que le gouvernement australien soit informé, en temps réel. Elle a également averti les pays insulaires du Pacifique sud, de prendre garde à la chute éventuelle de débris. Des experts du centre de recherche spatial russe Khrunichev ont indiqué que certains modules de la station ne se consumeraient pas dans l'atmosphère et retomberaient sur la terre, dans un espace long de 8 000 kilomètres sur 200 kilomètres de large. En 1979, la station américaine Skylab devait retomber dans l'océan Atlantique sud, mais elle s'était finalement abîmée dans l'océan indien, et des débris avaient terminé leur course dans l'ouest de l'Australie.

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