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Vendredi 28 Octobre 2005 à 00:00

USA/télécoms: vingt ans de fusions laissent deux géants face à face

L'accord conditionnel donné jeudi par le ministère de la Justice américain aux fusions des compagnies de télécommunications SBC/AT&T d'un côté et Verizon/MCI de l'autre laisse deux géants face à face dans un secteur complètement transformé en vingt ans.

AT&T, -- une entreprise connue autrefois sous le nom de "Ma Bell" ("Maman Bell", du nom du pionnier du téléphone Alexander Graham Bell) -- va toutefois survivre, au moins sa raison sociale qui remonte à 1885. SBC a annoncé jeudi qu'elle garderait ce sigle pour la nouvelle entité issue de la fusion des deux groupes. MCI, de son côté, à connu une histoire plus mouvementée: considérée dans les années 90 comme l'une des valeurs montantes des télécommunications mondiales, sa fusion avec WorldCom en 1998 a été un cadeau empoisonné. Les malversations comptables du PDG de WorldCom, Bernard Ebbers, condamné en juillet dernier à 25 ans de prison, lient le nom de l'entreprise au souvenir de la plus grande faillite de l'histoire des Etats-Unis.

MCI va désormais progressivement se fondre au sein de Verizon qui domine le marché des télécommunications dans l'est des Etats-Unis. AT&T a pendant des décennies bénéficié d'un quasi-monopole, jusqu'à la décision, en 1984, de la Justice américaine de le briser en sept morceaux, soit autant de compagnies régionales, les "Baby Bell" et de ne laisser à AT&T que les communications longues distances et internationales. Le but était d'augmenter la concurrence pour faire baisser les prix. Mais dans les faits, les compagnies régionales se sont installées dans des chasses gardées, maintenant des tarifs élevés. En 1996, une loi fédérale ouvrait à la concurrence l'ensemble des marchés locaux, régionaux, longues distances et internationaux, déclenchant une vague de fusions qui a abouti à ne laisser pratiquement que deux géants en lice, Verizon/MCI et SBC/AT&T. Verizon et SBC sont toutes deux d'anciennes Baby Bell. AT&T a particulièrement souffert de cette loi, voyant ses parts de marché sur la longue distance rognées.

De 49,6 milliards de dollars en 1999 (58 milliards en valeur actuelle) son chiffre d'affaires devrait chuter cette année à 26,5 milliards. SBC et Verizon sont de leur côté sorties renforcées de dix ans de fusions au sein des Baby Bell et compagnies régionales apparues depuis 1996. Le but est aujourd'hui d'offrir aux abonnés un seul service - et une seule facture - pour le téléphone local et longue distance, l'internet, la transmission sans fil, la téléphonie mobile et le haut-débit par l'intermédiaire de la fibre optique. C'est dans ce dernier secteur que le ministère de la Justice a demandé jeudi à Verizon et SBC de se séparer de certains réseaux pour donner son accord définitif à leurs fusions respectives. Celles-ci n'attendront ensuite plus que celui de l'autorité fédérale des communications (FCC) pour être finalisées.

Les associations de consommateurs s'élèvent toutefois contre cette consolidation et affirment qu'elle va instituer un "AT&T de l'Ouest et un AT&T de l'Est", un duopole néfaste pour la concurrence. Les spécialistes du secteur soulignent toutefois que les compagnies de téléphone, aussi grosses soient elles, doivent faire face aux sociétés de l'internet comme Yahoo et Google. "La concurrence n'est plus la même", affirme Scott Cleland, un analyste de Precursor Group. "Le secteur de la technologie empiète sur celui des télécommunications", estime-t-il.
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