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Lundi 31 Octobre 2005 à 00:00

Le Ramadhan semble être le seul mois de l’année où l’audimat bat son plein

En effet, il n’y a pas lieu de recourir à un institut de sondage pour corroborer le propos.

Il suffit de battre le pavé, quelques minutes après la rupture du f’tour, pour identifier les bruitages cathodiques, débordant à grands décibels des fenêtres grandes ouvertes. Le générique de la caméra cachée, Ya hafid ya settar, en est l’exemple type, au point qu’il est fredonné même par les adultes. « Je me branche sur l’ENTV pour me tremper dans l’atmosphère du mois sacré. Sinon, le reste du temps, je me fais arroser par les nombreux bouquets occidentaux », explique un quadragénaire, qui se dit un « mordu » du petit écran « de là-bas ». Si l’on se réfère à la vox populi, les habitudes reprennent leur place « naturelle » juste après le Ramadhan.

Ainsi, les foyers algériens ne jurent que par les centaines de chaînes TV qui arrosent le pays via le satellite. Pourquoi ? « Je ne me retrouve pas dans une télé qui consacre le plus clair de son temps à diffuser les discours présidentiels. Les JT sont interminables et ne rapportent jamais la triste réalité du pays », rétorque une dame, « branchée à l’année » sur les chaînes arabes. « J’ai opté pour l’Orient à cause des feuilletons égyptiens », ajoute-t-elle. L’ENTV diffuse pourtant des sit-com à l’algérienne ?! Sentence : « La production est médiocre, la mise en scène est rafistolée, on n’entend que des cris. Les acteurs ne font pas dans l’humour. Il est clair que le scénariste manque cruellement de professionnalisme. » Et pour cause, le « crétinisme » télévisuel, pour paraphraser un spécialiste de la communication, a tendance à s’installer durablement à l’Unique. Nombre de productions dites nationales, diffusées pendant le Ramadhan, se targuent d’être classées au box-office que par rapport au fort budget qui leur a été alloué.

Pour ne citer que Babor D’zaïr, des milliards de centimes ont été généreusement accordés. « Et pourtant, les têtes d’affiche ne sont pas légion. Ce feuilleton aurait nécessité quelques centaines de millions de centimes, pas plus », décrète un cinéphile. De l’autre côté de la barrière, le commentaire est, de toute évidence, diamétralement opposé. « Moi j’adore Bayouna. Elle reflète réellement le vécu algérien », estime une femme au foyer.

Djamel Eddine Merdaci
El Watan
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