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Vendredi 4 Novembre 2005 à 00:00

BSkyB contraint par ses actionnaires à contrôler Murdoch

Le groupe de télévision par satellite BSkyB s'est engagé vendredi, sous la pression des actionnaires, à limiter l'influence de Rupert Murdoch, lors d'une assemblée générale d'autant plus houleuse que son action chutait en Bourse en raison de pertes d'abonnés.

Le bouquet britannique, connu pour sa chaîne d'information en continu Sky News, et dirigé par James Murdoch, fils du magnat des médias, souhaitait faire renouveler un programme de rachat d'actions portant sur 5% de son capital. Plusieurs investisseurs, dont l'assureur Legal and General, et associations d'actionnaires britanniques, dont la puissante Association des fonds de retraites, avaient fait connaître leur opposition à la mesure, car elle ferait monter la participation de News Corp, la holding de M. Murdoch, de 37,1% à 39,1% du capital. Les fonds d'investissement américains Franklin Resources Templeton et Janus Capital soutenant la proposition, l'affaire avait pris une dimension cocardière.

Pour faire passer la pilule, la direction de BSkyB a dû renoncer à poursuivre ses rachats d'actions au-delà de l'exercice en cours, qui s'achèvera fin juin 2006. "Pour tenir compte des inquiétudes des actionnaires, nous ne proposerons pas de renouveler les rachats d'actions l'année prochaine", a assuré à l'AG Jacob Rothschild, vice-président du groupe. Autre concession aux investisseurs rebelles, BSkyB s'est engagé "à chercher à obtenir de News Corp un engagement à limiter l'exercice de ses droits de vote.

Au final, le scrutin a été serré: le rachat d'actions a été rejeté par des investisseurs représentant 18,76% des actions. D'autres contrôlant 22,21% du capital ne l'ont accepté qu'à la condition que News Corp ne lance pas d'offre de rachat sur le groupe malgré sa montée au capital, ce qui déroge à la réglementation financière britannique. Ce conflit tombait au plus mal pour BSkyB, dont l'action chutait par ailleurs à la Bourse de Londres en raison d'une perte d'abonnés plus importante que prévu en ce début d'exercice 2005/06, face à la concurrence du câble et du numérique terrestre.

Entre juillet et septembre, son taux de désabonnement est passé de 10,5% à 11,7% et avec un gain de seulement 57.000 nouveaux clients à 7,84 millions, son objectif de 8 millions à la fin 2005 paraît désormais difficile à atteindre. Le bénéfice net du groupe a pourtant augmenté de 15% à 140 millions de livres sur le trimestre, pour un chiffre d'affaires en hausse de 8% à 1,023 milliard de livres. "Les chiffres financiers sont bons, mais ce qui inquiète vraiment les gens, c'est la hausse du taux de désabonnement", a commenté Paul Richards, analyste de Numis Securities.

Le titre BSkyB a perdu près de 8% dans la foulée de ces annonces. A 15H45 GMT, il cédait 5,31% à 499 pence. "La concurrence est rude dans le secteur, avec le câble et Freeview. La clientèle a désormais un large choix lorsqu'elle décide de prendre plus de chaînes de télévision", a expliqué James Murdoch lors d'une conférence de presse. Freeview, la télévision numérique terrestre lancée par la BBC, gratuite en dehors de l'achat du boîtier, rencontre un succès croissant et ITV a en outre annoncé pour 2006, sur le même modèle, un bouquet satellitaire sans abonnement, Freesat.

La concurrence du câble s'est renforcée avec la fusion des opérateurs américains NTL et Telewest, qui rassemblent à eux deux plus de cinq millions d'abonnés, séduits par leurs offres triples téléphonie-télévision-internet. Pour tenter de marcher sur leurs plates-bandes, BSKyB vient de se lancer dans le "broadband" en lançant une offre de rachat sur le fournisseur d'accès à l'internet haut débit Easynet pour 211 millions de livres.
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