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Mardi 8 Novembre 2005 à 00:00

La crise des banlieues vues par les télés françaises et étrangères

Les télévisions françaises et étrangères couvrent depuis douze jours et treize nuits les violences dans les banlieues, mais pas nécessairement avec les mêmes images ou les mêmes mots : certaines ont banni les voitures qui flambent et les bilans chiffrés tandis que d'autres dépeignent un pays "à feu et à sang".

C'est très compliqué de ne pas cacher la réalité sans donner dans le spectaculaire", indique Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2. "Il ne peut pas être question de ne pas dire les choses", estime le sociologue Jean-Marie Charon, car "les premières victimes" sont ceux qui subissent ces événements et pourraient y voir "une manifestation supplémentaire" d'exclusion. "On ne fait pas les compétitions inter-quartiers du plus grand nombre de voitures brûlées, mais on continue d'aller en banlieue", souligne Arlette Chabot. "On essaye de donner la parole aux gens des quartiers qui y vivent et qui se mobilisent".

"Quand on tire à balles réelles sur des policiers il faut le montrer, mais on est plutôt à aller voir des dégâts le lendemain et des gens qui en parlent", ajoute-t-elle. "Entre ne pas tout montrer et ne plus donner des informations il y a encore une marge que jamais TF1 ne franchira", explique Robert Namias, directeur de l'information de la chaîne privée. "Montrer des carcasses de voitures, des immeubles ou des bâtiments publics détruits par le feu, c'est tout à fait normal, c'est vecteur d'information puisque c'est le résultat d'émeutes, de manifestations, etc...", estime-t-il.

TF1 continue de donner les bilans chiffrés, "parce que c'est de l'information", alors que France 3 a décidé de ne pas les citer dans les journaux nationaux. Une équipe de LCI en banlieue s'est entendu dire : "la télé est là, vous allez voir" et deux voitures ont été incendiées sous son nez. "ça nous a incité à faire attention, on ne donne même plus les bilans", souligne Jean-Claude Dassier, directeur général. Selon Valérie Lecasble, directrice générale de la chaîne d'information i-TELE, on ne peut pas envoyer des journalistes en Irak et "quand ça se passe chez nous, faire l'impasse". "On traite les choses de façon équilibrée, on donne la parole à tout le monde".

i-TELE montre les voitures qui brûlent mais "n'insiste pas sur les violences", déclare-t-elle, estimant que ce serait "dommage pour les Français qui ont une chaîne d'information gratuite d'être obligés d'aller sur CNN pour voir les vraies images". Robert Albertson, rédacteur en chef de la chaîne américaine CBS News à Paris, se démarque de certains de ses compatriotes : "nous prenons soin d'indiquer que contrairement à ce qui semble se dire dans une certaine presse aux Etats-Unis et dans d'autres pays, cette violence n'est pas le fait des extrémistes islamismes, n'est pas le fait des terroristes, mais découle des difficultés économiques, de la pauvreté, du chômage, de la discrimination".

Arlette Chabot estime que les télévisions étrangères qui couvrent cette crise "sont dans le spectaculaire" évoquant des images qui donnent "l'impression que la France est dans un état d'insurrection absolu". "Certaines télévisions étrangères notamment américaines trouvent un certain plaisir à décrire une France qui (...) serait à feu et à sang en proie à une véritable guerre civile", renchérit Robert Namias à TF1. Jean-Claude Dassier évoque la chaîne américaine Fox News qui "se déchaîne sur tous ces incendies à quelques kilomètres de la Tour Eiffel".
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