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Jeudi 10 Novembre 2005 à 00:00

CFII: un accord Carolis/gouvernement semble lever les derniers obstacles

Le PDG de France Télévisions Patrick de Carolis et le gouvernement sont parvenus à un accord sur la société chargée de procéder au lancement de la future chaîne française d'information internationale (CFII), ce qui semble lever les derniers obstacles à la réalisation d'un projet maintes fois reporté. Après avoir proclamé sa volonté qu'un seul pilote soit aux commandes de la CFII, et proposé qu'une société 100% publique préside à son lancement, le nouveau PDG de France Télévisions s'est finalement rallié à la formule défendue par le gouvernement, dans laquelle le groupe public est associé à part égale au groupe privé TF1. Patrick de Carolis a expliqué devant deux commissions du Sénat s'être rallié à cette formule après avoir obtenu du gouvernement l'assurance que la présidence du conseil de surveillance de la future chaîne sera attribuée à France Télévisions. Selon lui, le service public aura donc le "rôle moteur" qu'il réclamait. Patrick de Carolis a ajouté qu'il ne s'agit pas, à sa connaissance, d'une présidence tournante, qui pourrait par la suite être attribuée à TF1. TF1 se refuse à tout commentaire tant que le gouvernement n'a officiellement annoncé la création de la société chargée de lancer la future CFII. Le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres avait indiqué devant l'Assemblée nationale que les dernières questions juridiques en suspens "seront réglées le plus rapidement possible", et que "d'ultimes accords demeur(ai)ent à trouver". Un budget de 65 millions d'euros a été inscrit dans le projet de budget de 2006 pour financer la future société. "Pour moi, l'affaire est faite", souligne Patrick de Carolis. Selon lui, "rien n'empêche" désormais la constitution de la société "avant la fin de l'année". La CFII pourrait ainsi commencer à émettre avant la fin de l'année 2006, entre septembre et décembre. Selon les premières ébauches du projet, la future chaîne sera dotée d'une rédaction autonome d'environ 250 journalistes. D'abord diffusée en français 24h/24, elle devrait très rapidement comporter un module en anglais de quatre heures par jour, puis des programmes en arabe et en espagnol. Elle proposera un journal d'information toutes les dix minutes. Radio France Internationale et l'Agence France-Presse y seront associées par le biais de conventions de partenariat ou d'association. Après avoir envisagé de réserver la diffusion de la CFII aux pays étrangers, le gouvernement se dit désormais prêt à une diffusion sur le territoire national, estimant que les téléspectateurs ne peuvent être privés d'une chaîne financée par la redevance. Cette décision pourrait déplaire à TF1 qui dispose de sa propre chaîne d'information, LCI, proposée par abonnement. A l'approche de l'annonce officielle, de nombreuses voix se sont élevées au Parlement et dans les syndicats pour dénoncer ce projet. Le député UDF François Rochebloine a trouvé surprenant que TF1 "puisse détenir la moitié des parts de la nouvelle société sans être pour autant obligé de contribuer à son budget", et plusieurs sénateurs ont mis Patrick de Carolis au défi de résister aux "coups de butoir du BTP" (allusion à Bouygues, qui contrôle TF1). Les journalistes de l'audiovisuel public adhérents de la CGT ont averti d'avance qu'ils refuseront de voir leur travail utilisé par une chaîne à demi contrôlée par un groupe privé. Le SNJ de France 2, France 3 et RFO (groupe France Télévisions) estime qu'il s'agit "d'un véritable détournement de fonds publics au profit d'intérêts privés"
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