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Samedi 26 Novembre 2005 à 00:00

Bernard Pivot, un "gratteur de têtes" pendant ses 32 ans de télévision

Bernard Pivot présente pour la dernière fois cette semaine "Double je" et "Les dicos d'or", épilogue de 32 années de carrière à la télévision pendant lesquelles il n'a eu de cesse de "gratter la tête" des téléspectateurs, selon sa propre expression.

Après des débuts au Figaro Littéraire, il est devenu un porte-parole de la littérature à la télévision, avec "Ouvrez les guillemets" (1973-1975), "Apostrophes" (1975-1990) puis "Bouillon de culture" (1991-2001). "Double je", une émission d'entretiens avec des personnalités du monde des arts et des lettres d'origine étrangère, ayant choisi de s'exprimer ou de vivre en français, s'arrête quatre ans après sa création "pour éviter la lassitude et la routine". Bernard Pivot n'exclut pas le retour à l'antenne à la rentrée prochaine. "Si j'ai une idée qui plaît, je reviendrai dans la nouvelle grille" de France Télévisions, "et si je n'ai pas d'idée, il n'y a plus de télévision", déclare le journaliste, âgé de 70 ans et 1.200 émissions à son actif.

Il se dit sans nostalgie. "Il faut accepter les choses", déclare-t-il à l'AFP. "Quand je n'aurai vraiment plus de télé, peut-être serai-je en manque". Il continue toutefois à présenter "Les trophées de la langue française" sur TV5, deux à trois fois par an. Des regrets, il en a peu, s'émerveillant plutôt de sa chance d'avoir rencontré des monstres sacrés de la littérature. "Avoir Nabokov devant soit, c'est un événement! J'ai eu la chance d'avoir quatre entretiens avec Soljenitsyne!", s'enthousiasme-t-il encore. Il avoue ne pas avoir été un grand dévoreur de livres à l'adolescence et s'imaginait plutôt, après ses études de journalisme, travailler à l'Equipe ou aux informations de grands quotidiens.

Il a brièvement caressé l'idée d'être écrivain: un roman écrit à l'âge de 23 ans, "l'Amour en vogue", sera publié. La vogue désigne la fête foraine à Lyon, sa ville natale. "Une histoire d'amour bien sûr, mais pas du tout autobiographique", précise-t-il. "Le héros était un gratteur de tête dans un train fantôme". "Je suis entré peu après au Figaro Littéraire et je me suis aperçu ce qu'était un écrivain, ce qu'était le style. Je me suis aperçu que je n'étais pas un écrivain et j'ai préféré être un bon journaliste". "Mais je me dis que mon livre était prémonitoire, car mon véritable métier, ce que j'ai fait toute ma vie à la télévision, c'est gratter la tête des écrivains et des télespectateurs", ajoute-t-il.

Bernard Pivot dit avoir peu de loisirs. Il aime la vie de famille -il a deux filles-, "les bons repas au restaurant" et les voyages. Il doit aussi à nouveau beaucoup lire puisqu'il fait partie du jury du Prix Goncourt depuis un an. Cet homme de télévision regarde peu le petit écran. Il suit les journaux, le sport (il est passionné de football et de Saint-Etienne en particulier) et quelques magazines. Jamais des émissions de téléréalité. La multiplication des chaînes le laisse froid --"trop de télévision tue la télévision"-- et il déclare, dans un sourire candide, "faire de la télé de papa".

Les entretiens tels que ceux de "Double je", de 25 minutes sans coupure, "deviennent rares". Aujourd'hui, "il faut que ça aille très vite", avec "une effervescence des images et une multiplication des intervenants". "Mais la télé évolue, c'est normal. Si j'avais 40 ans, il est probable que je ne ferais pas la même télé que celle que je fais sur le tard de ma vie".
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