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Samedi 3 Décembre 2005 à 00:00

L'Europe décide à Berlin de l'avenir de sa science spatiale

Les 17 pays membres de l'Agence spatiale européenne (Esa) doivent s'engager pour les programmes d'exploration et de recherche des cinq ans à venir, lors d'une réunion ministérielle lundi et mardi à Berlin cruciale pour l'Europe spatiale.

"L'Europe a besoin de se renforcer dans l'espace", souligne le porte-parole de l'Esa, Franco Bonacina. L'agence basée à Paris veut poursuivre l'exploration de la Lune et de Mars et se préparer pour aller "au-delà". L'Union européenne compte en outre sur elle pour créer une capacité européenne de surveillance de la Terre, tant en matière d'environnement que de sécurité. Télécommunications, recherche scientifique en apesanteur, technologie de lancement : politiques et industriels européens attendent beaucoup de l'Esa.

Mais, note M. Bonacina, l'agence doit opérer dans un "mouvement général" de tarissement des sources financières, tandis que s'accroissent les dépenses publiques consacrées à l'espace aux Etats-Unis, en Russie, en Chine et en Inde. Le budget de la Nasa pour 2006 est en augmentation de 2,4%, à 16,5 milliards de dollars, en dépit d'un contexte de restrictions budgétaires. Les Etats-Unis mettent l'accent sur l'exploration spatiale, les vols habités avec une nouvelle mission sur la Lune en 2018, et les systèmes de sécurité et de défense.

La Russie, puissance qui envoie le plus d'objets dans l'espace, dispose d'un maigre budget en comparaison (220 millions de dollars pour 2006) mais l'a accru de 160% en un an. La Chine vient de réussir son premier vol habité et est très active dans l'observation terrestre et les télécommunications. L'Inde se place au premier rang du contrôle environnemental. L'Esa, dont le budget annuel moyen s'établit à 2,8 milliards d'euros (3,3 milliards de dollars), propose aux ministres réunis à Berlin une enveloppe sensiblement égale pour 2006-2010, soit 8,8 milliards d'euros en nouveaux financements (10,4 mds USD).

Un tiers environ devrait aller aux programmes "obligatoires", financés par tous les pays membres et le Canada, membre associé. Il s'agit de la poursuite des missions d'exploration du système solaire et de détection des exoplanètes, de recherche sur les origines de la vie et la formation de l'univers. Parmi les programmes "optionnels", auxquels chaque pays décide de participer ou non, le remplacement du satellite d'étude du climat et de l'environnement Cryosat, détruit en octobre lors de son lancement par la fusée russe Rockot.

"Tout le monde est d'accord" pour reconstruire ce satellite essentiel pour la surveillance des glaces des pôles, victimes du réchauffement climatique, souligne le porte-parole. L'Esa devrait pouvoir compter sur un même soutien unanime pour la préparation de futures missions sur la Lune (vol habité) et Mars (ExoMars, envoi en 2011 d'un robot à la recherche de traces de vie passée ou présente sur la planète rouge). Mais le sort de deux autres programmes reste suspendu à une décision lors d'un prochain rendez-vous ministériel, en 2008.

L'Esa devrait en effet se contenter de commencer à préparer la première phase du Système mondial de surveillance de l'environnement et de la sécurité (GMES), qui devait être co-financé par l'UE. L'agence devra attendre de savoir à quoi s'en tenir sur le budget de l'Union européenne, gelé faute d'accord politique. Quant à l'avenir du laboratoire spatial Columbus, qui devait rejoindre la station spatiale internationale (ISS) en décembre 2006, il est étroitement lié à celui de la navette spatiale américaine, dont les vols prévus ont été reportés.
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