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Jeudi 8 Décembre 2005 à 00:00

Formats de fiction française : les chaînes télé se mettent sur leur 52

Les fictions de 52 minutes ont le vent en poupe à la télévision: les chaînes, les producteurs, le public et les publicitaires leur trouvent des vertus diverses, sans que les traditionnels 90 minutes ne semblent menacés d'extinction.

"Ca bouge partout en ce moment. Toutes les chaînes demandent de nouvelles fictions en 52 minutes", indique Alain Clert (Son et Lumière), producteur pour Canal+ de la série "Engrenages" en huit épisodes de 52 minutes. "C'est une nouvelle écriture. C'est aussi la volonté de faire des sujets plus gonflés, des personnages moins consensuels, moins convenus. Il y a manifestement une volonté de changer, qui prendra du temps parce qu'on ne change pas de politique du jour au lendemain", prévoit-il. "On ne nous demande plus de faire ce qu'on a déjà fait, on nous demande de faire différent".

Selon lui, le catalyseur a été "un certain nombre de séries américaines qui ont battu tous les records d'audience, dont l'écriture est très différente", comme "Lost", "Urgences", "FBI : portés disparus" ou "Les experts". Côté français, "+Clara Sheller+ a été un événement", souligne-t-il. Les chaînes se sont alors dit: "le public est prêt à voir autre chose". "Clara Sheller", série en six épisodes, a été diffusée en première partie de soirée en mai et juin sur France 2. Elle a surpris en racontant les désordres amoureux d'une journaliste trentenaire, interprétée par Mélanie Doutey, et de son copain homo JP (Frédéric Diefenthal), qui fantasmaient tous deux sur leur séduisant voisin Gilles (Thierry Neuvic).

Selon Perrine Fontaine, directrice de la fiction de France 2, il s'agit "d'un programme très sympa, très particulier, considéré comme soi-disant segmentant (qui n'attire pas tous les publics, ndlr), ce qu'il n'a pas été". France 2 diffuse des 52 minutes depuis déjà "sept-huit ans" et la soirée du vendredi leur est consacrée, souligne Perrine Fontaine. Le 52 minutes "permet le feuilleton", c'est-à-dire de raconter une histoire rapidement par épisode et en même temps de la raconter sur la durée, donnant au public un "rendez-vous", explique-t-elle. "Avant, on étirait parfois l'histoire pour que cela tienne dans le format", mais "étirer un conte de Maupassant, ce n'est pas intéressant", fait-elle valoir.

TF1, qui classe plusieurs dizaines d'épisodes de ses fictions de 90 minutes dans le "top 100" des meilleures audiences télé chaque année, vante désormais également les mérites du 52 minutes, qualifié par le vice-président de la chaîne Etienne Mougeotte de "format international qui plaît le plus". Mais pour Takis Candilis, directeur de fiction de la Une, "le 52 minutes n'est pas la panacée. On continue le 90 minutes. Il y a des sujets bons pour être traités en 52 minutes et d'autres en 90 minutes". TF1 va inaugurer bientôt la série de 52 minutes "RIS", tandis que "Section de recherche" avec Xavier Deluc est en préparation. La chaîne a lancé un appel d'offres pour des séries de 52 minutes.

Selon Emmanuel Charonnat, directeur général adjoint des études à Starcom (groupe Publicis), la mode du 52 minutes est "liée à la spécificité du marché français qui est qu'on ne peut couper les fictions que par une seule coupure publicitaire" sur les chaînes privées et pas du tout sur les chaînes publiques. "Quand vous faites du 52 minutes, si vous mettez deux épisodes de suite, vous vous retrouvez avec trois écrans de coupure: un dans le premier, un entre les deux, et un troisième derrière. On est en train d'adapter le format des fictions en fonction de la publicité", estime-t-il.
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