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Samedi 10 Décembre 2005 à 00:00

Alain de Pouzilhac, président du directoire de la CFII

Alain de Pouzilhac, nommé président du directoire de la nouvelle Chaîne française d'information internationale (CFII), a fait toute sa carrière dans la publicité jusqu'à sa récente démission de la présidence d'Havas.

Issu d'une famille aristocratique désargentée, Alain de Pouzilhac, 60 ans, aime à se qualifier d'autodidacte parce qu'il n'a pour tout diplôme que le bac. D'abord assistant de publicité chez Publicis Conseil en 1969, il passe l'année suivante chef de publicité dans la filiale française du groupe américain DDB. Clin d'oeil de l'histoire, Alain de Pouzilhac y fait connaissance avec celui qui lancera une trentaine d'années plus tard les premières bases de la structure de la CFII, Bernard Brochand, alors patron de l'agence américaine.

Ce publicitaire, devenu député-maire UMP de Cannes, a en effet été chargé en 2003 par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin de piloter l'étude finalement retenue sur la future chaîne. C'est lui qui a ainsi préconisé une association à parts égales entre France Télévisions et TF1. En 1975, Bernard Brochand, qui a rejoint le groupe Havas Conseil, fait venir ce jeune collaborateur. Les deux hommes vont travailler ensemble une quinzaine d'années au cours desquelles Alain de Pouzilhac gravit les échelons: en 1989, il prend la direction d'Eurocom, puis en 1992, celle d'Euro-RSCG qui, devenu en 2002 Havas, se hisse sous sa direction au sixième rang mondial.

Réputé séducteur, Pouzilhac a su s'entourer d'équipes créatives à l'origine de campagnes publicitaires qui ont marqué les esprits: le "contrat de confiance" de Darty ou "Un constructeur sort ses griffes" de Peugeot. Mais le groupe souffre d'un problème de taille: il est deux fois et demi plus petit que son éternel concurrent, l'autre français Publicis. Comme tous les acteurs du secteur, Havas a pâti du ralentissement du marché mondial de la publicité après l'explosion de la "bulle internet".

Plan de restructuration et gestion drastique des coûts permettent au patron d'Havas de redresser la barre à l'automne 2004. C'est dans cet environnement qu'il accueille avec satisfaction en juillet l'arrivée à son capital de Vincent Bolloré, un appui nécessaire à sa croissance. Mais Pouzilhac déchante vite. Devant le silence de Vincent Bolloré sur ses intentions, le PDG d'Havas bloque son entrée au conseil d'administration. Peine perdue, Vincent Bolloré parvient à retourner la situation en sa faveur et, à l'assemblée générale début juin, obtient 4 sièges au conseil d'administration.

Le 21 juin, après 30 ans passés au sein du groupe, Alain de Pouzilhac est démis de ses fonctions. Il vient d'entamer une nouvelle vie, au commandes de ce nouvel outil d'information.
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