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Mardi 13 Décembre 2005 à 00:00

Les frères ennemis de la télé payante s'adaptent aux réalités économiques

Les actionnaires du bouquet TPS et du groupe Canal+, frères ennemis de la télévision à péage, envisagent désormais de s'allier suivant le principe que mieux vaut un seul acteur réellement bénéficiaire que deux acteurs qui le seraient moins, dans un univers ultra-concurrentiel.

Vivendi Universal, qui détient 100% du Groupe Canal+, TF1 et M6, qui possèdent respectivement 66% et 34% de TPS, ont annoncé dimanche qu'ils avaient entamé des négociations "visant à aboutir à un accord industriel". Une fusion des deux bouquets satellite français TPS et CanalSat (détenu à 66% par le Groupe Canal+ et à 34% par Lagardère) est un vieux serpent de mer. Le groupe Canal+ faisait des appels du pied depuis des années, tandis que Patrick Le Lay, PDG de TF1, ne voulait pas en entendre parler.

Les négociations se sont finalement ouvertes sous les pressions conjuguées d'une concurrence féroce qui coûtait très cher aux deux bouquets en termes d'acquisition de droits (football, cinéma) et de coûts de recrutement d'abonnés, et d'une concurrence issue de nouveaux modes de distributions de la télévision comme l'ADSL. Les différents acteurs ne se sont pas exprimés sur les modalités d'un rapprochement. On ignore si tous les actionnaires resteraient ou non au capital de la nouvelle entité - M6 était donné sortant de TPS depuis quelques mois - quelles seraient les parités en cas de fusion, si celle-ci se résumerait aux activités de distribution ou concernerait l'édition de chaînes...

"Dans une opération de ce genre, il y a une réalité qui finit toujours par structurer l'échange, qui est le nombre d'abonnés de chacun", souligne Philippe Bailly, directeur associé de NPA Conseil. CanalSat espère atteindre 3,2 millions d'abonnés à la fin de l'année, tandis que TPS comptabilisait 1,65 million d'abonnés à la fin juin (dont 300.000 abonnés à ses chaînes via le câble). TF1 peut toutefois se prévaloir des audiences réalisées par les chaînes qu'elle édite pour peser dans la négociation. Dans un "PAF de complément" qui compte une centaine de chaînes, six filiales de TF1 figurent parmi les dix chaînes les plus regardées.

En cas de fusion, les analystes d'Exane BNP Paribas estiment lundi dans une note à leurs clients que les synergies avant impôts se situeraient entre 250 et 500 millions d'euros. La présence d'un seul acteur devrait mettre un terme à l'envolée du coûts des droits, notamment du football. "Du côté des chaînes, une bonne raison pour qu'il n'y ait pas en tout cas à court terme de mise en commun des activités d'édition, c'est que cela poserait sur la TNT notamment des problèmes de seuil de concurrence", relève M. Bailly.
Mais "à moyen terme, cela risque de jouer dans le sens d'une diminution du nombre de chaînes", prévoit-il. Les marques fortes ne devraient pas avoir de mal "à faire valoir leur place dans un bouquet", mais désormais "il faudra vraiment que les chaînes aient une vraie pertinence pour être dans les offres", estime-t-il. Côté consommateur "si il y a toujours une forte concurrence de la part des autres réseaux, cela poussera le satellite à rester quelque chose de très innovant et ça poussera aussi l'éventuel bouquet unifié à garder une politique de prix relativement agressive", prévoit-il.

Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication, a estimé sur LCI qu'un tel rapprochement concernerait "des dispositions de technologie qui n'influeront pas sur les emplois".
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