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Vendredi 16 Décembre 2005 à 00:00

Après une cure d'amaigrissement, le Groupe Canal+ redevient boulimique

Finies les années de disette, le groupe Canal+ retrouve l'appetit.

En avalant TPS, Canal+ réalise sa première acquisition d'envergure après la cure d'amaigrissement imposée par sa maison mère Vivendi Universal pour apurer les comptes dans l'après-Jean Marie Messier. "En route vers la croissance !", s'est exclamé fin août Bertrand Méheut, Président du Groupe Canal+, lors de la conférence de rentrée de la chaîne Canal+ (filiale à 49% du groupe). Manifestement, il ne s'agissait pas d'une simple promesse en termes de résultats financiers, mais d'une stratégie. Le groupe leader de la télévision payante a réussi à attirer son concurrent à la table des négociations, en partie grâce au coup de poker des droits de la ligue 1 de football.

Pour s'adjuger l'exclusivité de droits qu'il partageait auparavant avec TPS, Canal+ a proposé à la Ligue de football professionnel (LFP) une somme record, 600 millions d'euros par an pendant trois ans. Le groupe Canal+ sort d'une zone de turbulences qui l'a ébranlé à partir de 2001: réductions d'effectifs, succession de dirigeants, vente de filiales, déménagement à Issy-Les Moulineaux. Il a connu deux plans sociaux au cours des quatre dernières années, le premier en juin 2001, six mois après la fusion Vivendi-Seagram-Canal, avec la suppression de 217 postes. En mars 2003, rebelotte: le groupe annonce 305 suppressions d'emplois et 138 externalisations. Canal a aussi été déstabilisé par une valse des dirigeants. Peu après le départ du numéro deux Denis Olivennes, Jean-Marie Messier limoge Pierre Lescure, l'un des fondateurs, laissant le personnel orphelin, et faisant craindre la disparition de "l'esprit Canal".

Xavier Couture, qui remplace Lescure, reste en place à peine dix mois. Messier lui-même se fait limoger à Vivendi Universal et remplacer par Jean-René Fourtou en 2002. Bertrand Méheut arrive à la tête de Canal+ en février 2003 et Rodolphe Belmer, l'actuel directeur général délégué, en novembre 2003. Parallèlement, le groupe se réduit comme peau de chagrin, Vivendi Universal ayant décidé de revendre de nombreuses filiales pour réduire l'endettement contracté sous Jean-Marie Messier. Le groupe se sépare de Canal+ Technologies, de Telepiu (plateforme italienne de télévision à péage), de la participation de Canal+ dans Sportfive...

Financièrement, le Groupe Canal+ est recapitalisé de 3 mds EUR par Vivendi Universal en 2003, alors que son endettement atteignait 5 milliards d'euros fin 20002. En 2004, le Groupe Canal+ a réalisé un chiffre d'affaires de 3,58 milliards d'euros et un résultat d'exploitation de 198 millions d'euros, en baisse de 20% sur un an, mais en hausse de 94% sur une base comparable. Fin juin 2005, le portefeuille d'abonnés aux différentes offres du groupe Canal+ totalisait 7,96 millions. Mardi, la chaîne Canal+ a annoncé avoir franchi la barre des 5 millions d'abonnés, bénéficiant notamment d'un "effet foot" grâce à la ligue 1. Selon la chaîne, le franchissement de ce cap symbolique "intervient dans une année marquée par la relance éditoriale dans les domaines du cinéma, de la fiction et du sport".

En quatre ans, le groupe Canal+ qui était devenu un acteur audiovisuel européen dans la tourmente s'est replié sur l'hexagone, a redressé ses finances et a pris le contrôle de la télévision à péage française.
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