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Samedi 17 Décembre 2005 à 00:00

TF1 revoit à la baisse ses ambitions dans la télé payante

Le groupe privé TF1, filiale du groupe de BTP Bouygues et leader de la télévision en clair en France, renonce à ses ambitions de challenger dans la distribution de la télévision payante, en laissant son concurrent, le Groupe Canal+, mettre la main sur sa filiale TPS.

TF1 est le principal acteur de la télévision en clair en France: en réunissant un téléspectateur sur trois, il s'adjuge plus de la moitié du gâteau publicitaire. Le bouquet TPS, dont il détient actuellement 66% du capital, est le second acteur de la télévision à péage. Quelle que soit la décision du groupe Lagardère de participer ou non à l'accord envisagé entre Vivendi Universal d'une part et TF1 et M6 d'autre part, TF1 se contentera, si l'opération est autorisée et signée, d'une participation de 9,9% dans le nouvel ensemble de la télévision à péage française qui ne lui permettra pas de dicter sa stratégie.

Si l'accord se fait, les chaînes thématiques du groupe TF1 devraient en revanche être désormais distribuées par CanalSat, ce qui leur permettra une meilleure initialisation et donc de meilleures perspectives financières. Après l'officialisation du projet d'accord vendredi, des dirigeants de TF1 et M6 se sont exprimés lors d'une conférence téléphonique. Ni Patrick Le Lay, PDG de TF1, ni Nicolas de Tavernost, Président du directoire de M6, ne s'y sont exprimés. "Nous serons actionnaires (du nouvel ensemble, ndlr) pendant au moins trois ans", ont souligné des dirigeants de TF1 et M6 lors de cette conférence.

"Notre positionnement stratégique est de conserver une participation dans la télévision à péage française, certes minoritaire, mais qui comprendra une participation aux bénéfices futurs issus de la croissance du marché". Ils s'attendent ainsi que le marché français de la télévision à péage double dans les cinq ans. Jusqu'à très récemment, le PDG de TF1 Patrick Le Lay estimait qu'il y avait assez de place pour deux bouquets dans l'hexagone, contrairement à la plupart des pays étrangers où les plate-formes satellitaires ont fusionné pour laisser la place à un seul acteur.

Mais cette conviction a été ébranlée pour plusieurs raisons : la concurrence des opérateurs télécoms, qui distribuent ses chaînes par ADSL dans les villes, le privent des revenus de location des décodeurs et du contact avec le client final. La concurrence avec Canal+ s'est manifestée par des surenchères qui devenaient suicidaires, à coups d'offres promotionnelles, de mois d'abonnements gratuits ou d'installation de paraboles offertes. Tandis que les coûts de recrutement d'abonnés augmentaient, les coûts de droits des programmes s'envolaient dans le cinéma ou le sport. La ligue 1 de football lui a échappé au profit du groupe Canal+ qui a dû mettre sur la table un montant record.

Faute de ligue 1, un des principaux produits d'appel de la télévision à péage, TPS s'attendait à perdre de nombreux abonnés. Son partenaire M6, détenteur de 34% du capital de TPS, a signifié qu'il voulait une meilleure rentabilité de son investissement et que la diversification n'était plus pour M6 une orientation stratégique. TF1 est actionnaire de six des dix chaînes les plus regardées du câble et satellite: Eurosport, TV Breizh, TMC (dont elle détient 40%), LCI, TF6 et TPS Star (ces deux dernières en collaboration avec M6). Au sein de cette liste, TV Breizh est la seule qui ne sera pas sur la TNT.
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